Fourtillan, intervenant du documentaire Hold-Up, incarcéré pour essais thérapeutiques illégaux

Poursuivi depuis mars 2020 après des essais thérapeutiques jugés sans autorisation dans une abbaye près de Poitiers, le professeur de pharmacie de 77 ans a été incarcéré. Il avait participé au documentaire controversé Hold-Up sur le Covid-19.

Le professeur Fourtillan – intervenant du documentaire controversé Hold-Up sur le Covid-19 – poursuivi dans une enquête pour des essais thérapeutiques illégaux, a été incarcéré le 17 avril avant une audience prochaine sur sa détention. Ce professeur de pharmacie de 77 ans avait été interpellé le 15 avril dans un hôtel à Chaudes-Aigues, dans le Cantal, en vertu d’un mandat d’arrêt émis par un juge d’instruction du pôle santé publique du tribunal de Paris, selon le parquet d’Aurillac qui a confirmé une information de La Montagne.

Incarcéré dans la foulée le temps d’organiser son transfert à Paris, il a été présenté le 17 avril au juge d’instruction aux convocations duquel il ne répondait pas depuis plusieurs mois.

On est aux confins du charlatanisme

Le magistrat, conformément aux réquisitions du parquet de Paris, a saisi le juge des libertés et de la détention d’une éventuelle révocation de son contrôle judiciaire, selon la source judiciaire. Mais le professeur a demandé quelques jours pour préparer sa défense et a été incarcéré le 17 avril dans l’attente de l’audience fixée le 21 avril.

Il avait déjà été arrêté en décembre dans le Gard en vertu d’un mandat d’amener émis par le juge d’instruction, selon le quotidien Le Monde. Mais il avait dû être hospitalisé d’office en psychiatrie quelques jours avant d’être laissé libre le 18 décembre sous contrôle judiciaire, toujours selon le quotidien du soir.

Mis en examen après une dénonciation des faits par l’Agence du médicament en 2019

Jean-Bernard Fourtillan est mis en examen depuis mars 2020, accusé d’avoir mené sans autorisation des essais avec des patchs contenant deux molécules, appelées valentonine et 6-méthoxy-harmalan, dans l’espoir de traiter plusieurs maladies neurologiques (Parkinson, Alzheimer, troubles du sommeil…). Les essais étaient organisés par le professeur dans une abbaye catholique près de Poitiers sur plus de 350 malades, dans le cadre de sa structure, le Fonds Josefa, vice-présidée par le professeur Henri Joyeux, lui aussi contesté par la communauté médicale notamment pour ses positions anti-vaccins.

Les deux hommes sont mis en examen dans cette enquête, ouverte après une dénonciation des faits en septembre 2019 par l’Agence du médicament (ANSM). «On est aux confins du charlatanisme», avait fustigé à l’époque le directeur de l’inspection à l’ANSM, Bernard Celli. Attaqué en diffamation par le professeur Fourtillan, il a été condamné en 2020 à Bordeaux à 1 000 euros d’amende pour ces propos.

Jean-Bernard Fourtillan, qui dispose d’un fort soutien sur les réseaux sociaux, a par ailleurs été mis en lumière dans Hold-Up, un film documentaire diffusé sur internet traitant de la pandémie de Covid-19 et accusé par ses détracteurs de relayer des théories conspirationnistes. L’intervenant y affirmait par exemple que le virus avait «été fabriqué par l’Institut Pasteur», une accusation démentie par plusieurs médias dont l’AFP ainsi que par l’Institut, qui a porté plainte contre lui.

Source à l’adresse RT France