Gérald Darmanin annonce l’expulsion du livreur Deliveroo qui refusait de livrer «aux Juifs»

Le 17 avril, le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l’expulsion d’un livreur d’origine algérienne qui refusait de livrer des repas «aux Juifs». Condamné à 4 mois de prison, le livreur utilisait le compte d’un collègue pour travailler.

Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé l’expulsion effective d’un livreur d’origine algérienne qui travaillait pour le compte de la société Deliveroo et qui refusait de livrer tout repas aux clients identifiés comme «Juifs».

L’homme âgé de 19 ans avait été condamné à la mi-janvier à une peine de prison de quatre mois ferme par le tribunal correctionnel de Strasbourg pour discrimination fondée sur la religion. Dans un tweet publié le 17 avril, le ministre de l’Intérieur a indiqué que ce livreur avait été «expulsé aujourd’hui du territoire national» en précisant que «la haine antisémite n’a pas sa place en France».

L’histoire avait débuté le 7 janvier 2021, à Strasbourg, où deux restaurateurs spécialisés dans la cuisine casher avaient eu la mauvaise surprise de se voir annulé deux commandes par le même livreur au motif «qu’il ne livre pas les Juifs».

Une comparution immédiate en janvier 2021

Quelques jours après, les restaurateurs, le consistoire israélite du Bas-Rhin et le bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA) avaient porté plainte contre l’individu. Jugé en comparution immédiate, le livreur algérien avait été condamné à quatre mois de prison ferme avec mandat de dépôt alors que l’accusé était déjà sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF).

Auditionné par le tribunal de grande instance de Strasbourg, l’accusé avait avoué avoir annulé deux courses mais avait démenti les propos antisémites que les restaurateurs lui avaient attribués. L’enquête avait aussi révélé que ce livreur travaillait grâce au compte Deliveroo prêté par un autre livreur.

Contacté par France 3, l’avocat Raphaël Nisand, qui défend les deux restaurateurs et le bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA), a souligné qu’il s’agissait d’une «agréable surprise» en précisant que les OQTF étaient très rarement appliquées. «Il faut pour cela que les autorités françaises soient sûres que, au moment où la personne expulsée arrive dans son pays d’origine, elle sera acceptée par les autorités de son pays, ce qui est loin d’être le cas dans la plupart des affaires d’expulsion. C’est généralement cet accord qui fait défaut dans les autres cas. Là il y a donc eu une coopération internationale sur le cas de ce jeune homme, entre la France et l’Algérie», a-t-il précisé.

Source à l’adresse RT France