Manifestation antiraciste aux Etats-Unis : des journalistes pris à partie par la police

Plusieurs journalistes ont été pris à partie par la police en banlieue de Minneapolis aux Etats-Unis, lors de manifestations en hommage à Daunte Wright, un jeune homme noir tué le 11 avril par une policière blanche.

Le 16 avril, près de 500 personnes se sont rassemblées devant les grilles du commissariat de Brooklyn Center, à une dizaine de kilomètres de Minneapolis, pour une sixième soirée consécutive de manifestations après la mort le 11 avril de Daunte Wright, tué lors d’un banal contrôle routier.

C’est aussi dans cette grande métropole du nord des Etats-Unis que se déroule actuellement le procès de Derek Chauvin, l’ex-policier blanc accusé du meurtre de George Floyd l’an dernier.

Peu avant l’entrée en vigueur d’un couvre-feu à 22 heures décrété par les autorités, la police a donné l’ordre à la foule par haut-parleur de se disperser avant de déployer plusieurs dizaines d’agents en tenue anti-émeute.

Encerclant les manifestants antiracistes restés sur place, les forces de l’ordre ont alors notamment fait usage de gaz poivre sur plusieurs journalistes qui avaient clairement signalé leur profession.

Dans un tweet, un reporter confirme que l’équipe de journalistes de l’AFP s’est fait asperger de gaz poivre par la police à Brooklyn Center, alors qu’ils étaient «clairement identifiés comme journalistes».

La presse a en outre eu interdiction de rester dans le dispositif de nasse mis en place par la police pour documenter les arrestations en cours.

Pour sortir de ce dispositif, les journalistes ont également eu l’obligation de se faire photographier, ainsi que leurs documents d’identité, par la police de l’Etat du Minnesota.

Après une plainte déposée par plusieurs journalistes et un syndicat les représentant, un juge avait pourtant décrété plus tôt le même jour une ordonnance temporaire d’éloignement envers la police à Brooklyn Center.

Selon le jugement rendu public, les forces de l’ordre ont ainsi interdiction «d’arrêter, ou de menacer d’arrêter […] toute personne dont elles savent ou ont raison de croire qu’elle est journaliste».

Interdiction leur est faite également d’utiliser la force physique ainsi que des grenades assourdissantes, des matraques, ou encore des «agents chimiques» comme du gaz poivre contre les journalistes.

Le groupe de défense de la liberté de la presse U.S. Press Freedom Tracker déplore «au moins sept agressions et trois arrestations ou détentions de journalistes couvrant les manifestations» depuis le 11 avril à Brooklyn Center.

Source à l’adresse RT France