Football : le projet de Super League suscite une avalanche de mèmes sur Twitter

Douze clubs européens ont dévoilé leur projet de compétition parallèle pour remplacer la Ligue des champions, afin de «générer des ressources supplémentaires». Une initiative critiquée par les instances du football et moquée sur les réseaux sociaux.

Douze grands clubs ont officialisé ce 19 avril leur volonté de mettre en place une «Super League», une compétition privée vouée à supplanter la Ligue des champions. La nouvelle compétition, selon ses promoteurs, est destinée à «générer des ressources supplémentaires pour toute la pyramide du football», ébranlée par la pandémie de Covid-19. «Je peux confirmer que nous finançons l’opération», a déclaré à l’AFP un porte-parole de la banque américaine JPMorgan.

Les clubs rebelles (AC Milan, Arsenal, Atlético de Madrid, Chelsea, FC Barcelone, Inter Milan, Juventus, Liverpool, Manchester City, Manchester United, Real Madrid et Tottenham) souhaitent instaurer un système controversé de ligue quasi fermée, comparable aux championnats nord-américains de basket (NBA) ou de football américain (NFL), une perspective «désapprouvée» dans la foulée par la Fifa (Fédération internationale de football association) et l’UEFA (Union des associations européennes de football), cette dernière promettant de répliquer en excluant les équipes dissidentes et leurs joueurs.

Plusieurs fédérations nationales de football en Allemagne, au Danemark et en Roumanie, ont réagi en soutenant l’UEFA. «Cette idée va à l’encontre des valeurs de base du football, ne tient pas compte des intérêts de la majorité écrasante des clubs et provoque un schisme dans la communauté européenne de football», a de son côté fait valoir la Première ligue russe. Mêmes réactions de la part d’associations de supporters de clubs faisant sécession, comme Arsenal, Manchester United et Chelsea. La Fondation des supporters de Chelsea a par exemple évoqué une  «trahison ultime […] motivée par la cupidité».

Parmi les principales équipes européennes ayant balayé l’idée, le Bayern Munich et Dortmund se sont clairement prononcés contre le projet de création d’une Super League. «Les deux clubs allemands représentés au conseil d’administration de l’ECA, le FC Bayern Munich et le Borussia Dortmund (BVB), ont présenté des points de vue à 100% identiques dans toutes les discussions», a expliqué le directeur exécutif du BVB dans un communiqué sur le site du club.

L’Elysée et le RN opposés au projet

En France, le Paris Saint-Germain, «associé au départ aux négociations» selon L’Equipe, a également refusé de participer. Une position saluée dans un communiqué par l’Elysée : «L’État français appuiera toutes les démarches de la LFP [Ligue de football professionnel], de la FFF [Fédération française de football], l’UEFA et de la Fifa pour protéger l’intégrité des compétitions fédérales qu’elles soient nationales ou européennes», a fait savoir la présidence de la République. Le Rassemblement national a également fustigé une «compétition parallèle, injuste et ultime étape d’un sport business éloigné des supporters et de la passion du peuple français pour le football, [qui] doit être combattue sans ménagement».

Cette «Super League» est contraire aux valeurs européennes de «diversité» et d’«inclusion», a également déclaré sur Twitter Margaritis Schinas, vice-président de la Commission européenne. Le Premier ministre britannique Boris Johnson a quant à lui déclaré que cette proposition était «très dommageable pour le football».

La twittosphère inspirée

Sur les réseaux, l’annonce a provoqué une cascade de réactions, pour la plupart humoristiques, ironisant sur le risque de voir la Ligue des champions se réduire au Paris Saint-Germain et au Bayern Munich.

De nombreux internautes ont également souligné le fait que le niveau général de la Ligue des champions pâtirait de l’absence des douze clubs qui veulent former leur propre compétition.

L’idée de cette Super League est portée en particulier par Florentino Perez, le président du Real Madrid élu à la tête du projet, avec comme vice-présidents Joel Glazer, propriétaire de Manchester United et Andrea Agnelli, président de la Juventus.

Source à l’adresse RT France