Avec son livre coup de poing, Achille Roger monte sur le ring de sa vie

12 rounds pour raconter le combat d’une vie. L’ancien boxeur dijonnais Achille Roger sur le ring d’une existence dévoilée sans fard, avec ses mots, ceux d’un argot de la rue qu’il décrypte comme dans un film à la Audiard. Fier de sa « black attitude bourguignonne » assumée.

Champion du monde de boxe française en 1993, champion d’Europe de kickboxing en 1996 et 1998, Achille Roger a du « lourd » à raconter. © D.R.

Après cinq années de retraite dans les bas-fonds de l’âme et de la misère, l’ancien champion du monde revient avec un livre coup de poing qui n’a d’autre prétention que de livrer le récit d’un homme en quête éternelle de sérénité.  Achille Roger a construit son ouvrage autobiographique comme un combat professionnel. En 12 rounds. Pour bien comprendre la personnalité de l’homme, remontons aux sources. Elevé dans l’Yonne, ses racines tchadiennes ne cesseront de le démanger. C’est décidé, il sera plus black que black.

Formaté pour suivre des études, c’est sur le ring qu’il fera son nom, décrochant en 1993 un titre de champion du monde de kick-boxing qui, près de trois décennies plus tard, marquera encore les esprits. Comme tous ces grands combattants qui ne fuient jamais devant l’adversité, Achille Roger a le goût de l’entreprise. En même temps, il ne supporte pas chez les autres, l’injustice des KO de l’existence.

Achille a donc su développer un groupe de sécurité dans les années 2000, rachetant régulièrement des entreprises à la barre du tribunal, sans compter son temps… ni sa générosité. Mécène régulier de la boxe, large avec celles et ceux qu’il sentait dans le besoin, amateur de bons vins et de cigares, l’ancien boxeur a boxé entre les strates de la vie, en quête d’une réussite spectaculaire toujours fragilisée par une sensibilité extrême à la détresse de l’autre.

Il a été à la tête d’une entreprise comptant plus de 400 salariés avant de se retrouver au tapis. Commence alors une déroute de cinq années qui touche à l’intime. À l’argent bien sûr, mais aussi à la famille et aux amis. Comme dans un réflexe de combattant blessé, Achille est allé vers le sud pour se faire oublier.

Coup de poing thérapeutique

Là-bas, sous le soleil de sa propre déconfiture, il a sombré encore plus bas. Puis a travaillé dans l’ombre, parmi les humbles. Il a cuisiné pour les gens d’Emmaüs, aidant même certains d’entre eux, sans voir la défaillance de sa propre condition. Il a connu d’autres épisodes encore moins glorieux, dont un le conduira directement à l’hôpital, massacré à coups de barre de fer. Achille a aussi le talent de se trouver là où il ne faut pas, quand il ne faut pas. C’est un schéma à répétition.

Mais Achille n’a jamais craint les coups. Il s’est remis de ce combat a priori perdu avec la ferme intention de se reconquérir lui-même. Les rounds de vie qu’il raconte dans son pavé de 500 pages enchanteront (ou pas !) les témoins de ses faits d’armes. Mais là n’est pas l’essentiel.

Achille dit les choses avec ses mots. Des mots qui ont les couleurs de l’argot. Achille fait de l’Audiard à la sauce black bourguignonne. Il en livre un truculent lexique en fin d’ouvrage qui, à lui seul, ne manque franchement pas d’intérêt. L’uppercut a été écrit par lui et pour lui, durant le confinement. Il se l’est envoyé en pleine tronche, comme une thérapie de boxeur. Sa plus grande victoire, au bout du compte, sera celle de la sérénité. Elle ne semble plus très loin. Le reste est dans son ouvrage. Ça lui appartient.


Uppercut, 12 rounds de vie, ed. du Dos Argenté, 500 pages, 29 € TTC.
Pour recevoir l’ouvrage, envoyer le règlement + 5 euros pour les frais d’envoi à notre rédaction (DBM, 7 rue de la Grande Fin, Le Vermont, 21121 Fontaine-lès-Dijon) libellé au nom d’Achille Roger.

Source à l’adresse Dijon/Beaune, le mag