Retour en images sur le vol martien d’Ingenuity : 39 secondes pour l’histoire

Ingenuity, le petit drone-hélicoptère envoyé sur Mars par la Nasa, a effectué son premier vol à la surface de notre voisine rouge. L’appareil s’est stabilisé dans l’atmosphère martienne pendant près de 40 secondes, à trois mètres au dessus du sol.

Près de 120 ans après le premier vol motorisé contrôlé à la surface de la Terre, réalisé aux Etats-Unis, et quelques jours à peine seulement après le soixantième anniversaire du premier homme envoyé dans l’espace par l’Union soviétique, l’humanité a effectué, le 19 avril 2021, son premier vol motorisé ayant décollé au dessus de Mars.

Après les quelques heures de latence nécessaires au retour sur Terre des premières images de l’événement, celui-ci a été retransmis à la fin d’une longue diffusion en direct de l’agence spatiale américaine : le petit drone-hélicoptère Ingenuity s’est élevé à trois mètres d’altitude et a fait du surplace pendant 39,1 secondes avant de revenir se poser au sol.

«Il est en meilleur état qu’avant ce vol, il s’est débarrassé d’un peu de poussière qui couvrait ses panneaux solaires, et il produit désormais plus d’énergie solaire qu’auparavant», s’est félicité l’ingénieur en chef du projet Bob Balaram, lors d’une déclaration à la presse. De fait, cette poussière était visible sur Ingenuity avant son vol.

La scène a été filmée depuis le rover Perseverance, dont l’atterrissage sur notre voisine rouge a eu lieu deux mois plus tôt, et en amont duquel RT France avait publié une analyse consacrée aux enjeux de l’exploration humaine de Mars.

Pendant son vol, l’hélicoptère de la Nasa a envoyé une photo du sol en noir et blanc, montrant son ombre sur la surface martienne. 

L’opération était un véritable défi du fait de la faible densité de l’air sur Mars. Or, pour simplifier, c’est en poussant et s’appuyant sur l’air pendant leur rotation que les hélices peuvent soulever une masse. «Au fond du cratère Jezero, la densité de l’air est 70 fois plus faible que sur Terre, et les pales d’Ingenuity portent d’autant moins», explique notamment le Centre national d’études spatiales (Cnes) dans un fil de publications dédié à ce premier vol.

Les équipes de la Nasa ont donc développé un engin ultra-léger (1,8 kg) dont les pales (1,2 mètre de longueur) tournent bien plus vite qu’un hélicoptère standard : «2400 tours par minute», précise le Cnes.

Une durée de vie limitée

Ainsi que le rappelle l’AFP, l’engin avait reçu ses instructions de la Terre mais a volé en autonomie grâce aux données de ses capteurs et de sa caméra, en analysant lui-même sa position par rapport au sol. Maintenant que le premier vol a été un succès, le second pourrait avoir lieu dès le 22 avril. 

D’autres vols sont prévus, de difficulté croissante. La Nasa voudrait pouvoir faire monter l’hélicoptère jusqu’à 5 mètres de hauteur, puis tenter de le faire avancer latéralement. La durée de vie d’Ingenuity sera déterminée «par la façon dont il atterrit à chaque fois», a fait savoir l’ingénieure américaine MiMi Aung, qui chapeaute le projet. «Quand nous arriverons au 4e et 5e vol, nous nous amuserons […] Nous voulons vraiment pousser notre véhicule jusqu’à ses limites et prendre des risques», a-t-elle promis, suggérant que la Nasa pourrait faire s’écraser l’hélicoptère volontairement.

Quoi qu’il advienne, après un mois maximum, l’expérience d’Ingenuity s’arrêtera, pour laisser le rover Perseverance se consacrer à sa tâche principale : chercher des traces de vie ancienne sur Mars. Une mission que l’agence spatiale américaine n’est pas la seule à entreprendre puisque la Chine s’apprête à révéler, le 24 avril, le nom de l’astromobile qu’elle pourrait déposer à la surface martienne dans les prochaines semaines. Le rover chinois se trouve pour l’heure à bord de la sonde Tianwen 1, qui gravite depuis le mois de février autour de la planète rouge.

Fabien Rives

Source à l’adresse RT France