La Corée du Nord fustige la diplomatie «hostile» et «fallacieuse» de Biden

Dans un communiqué diffusé le 2 mai, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a dénoncé «une politique hostile» envers son pays de la part de l’administration Biden. En réponse, il a annoncé devoir «prendre les mesures qui s’imposent».

La Corée du Nord a accusé le 2 mai le président américain Joe Biden de mener une politique hostile et dénoncé une diplomatie américaine «fallacieuse», menaçant de riposter. Ces déclarations prennent place après que le nouveau président américain a affirmé le 28 avril au Congrès qu’il utiliserait «la diplomatie tout autant qu’une dissuasion sévère» pour contenir les ambitions nucléaires de Pyongyang.

Le 30 avril, la Maison Blanche a toutefois expliqué que le président américain était favorable à une approche diplomatique «réaliste». Les négociations entre les Etats-Unis et la Corée du Nord sont à l’arrêt depuis l’échec du deuxième sommet entre Donald Trump et Kim Jong-un à Hanoï, en 2019. Depuis son arrivée au pouvoir, il y a 100 jours, Joe Biden est resté relativement discret sur le dossier.

Le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a affirmé dans un communiqué diffusé le 2 mai par l’agence KCNA que Joe Biden avait commis une «grosse bévue» avec sa position «dépassée» envers le pays. «Sa déclaration reflète clairement son intention de poursuivre une politique hostile vis-à-vis de la [République populaire démocratique de Corée, RPDC] comme le font les Etats-Unis depuis plus d’un demi-siècle», a déclaré Kwon Jung-gun, un responsable du ministère nord-coréen des Affaires étrangères.

«La soi-disant “diplomatie” américaine est une pancarte fallacieuse destinée à couvrir leurs actes hostiles, et la “dissuasion” annoncée est simplement un moyen de lancer des menaces nucléaires contre la RPDC», a-t-il ajouté. «Maintenant que l’axe central de la nouvelle politique américaine au sujet de la RPDC est clair, nous allons être obligés de prendre les mesures qui s’imposent.»

La Corée du Nord dénonce une «manœuvre politique» américaine

Le 30 avril, la Maison Blanche avait réaffirmé que son objectif demeurait la «dénucléarisation complète de la péninsule coréenne». La politique américaine aura «une approche calibrée, pratique, ouverte à la diplomatie» avec la Corée du Nord, avait expliqué le même jour à la presse Jen Psaki, porte-parole de la Maison Blanche.

Plaidant pour une approche «réaliste» par voie diplomatique, en étroite consultation avec la Corée du Sud et le Japon, Psaki est restée évasive sur de possibles initiatives à l’étude, tout en prenant ses distances avec les précédentes administrations. «Notre politique ne sera pas centrée sur la recherche d’un grand accord», a-t-elle souligné, marquant la différence avec l’approche de Donald Trump. «Mais elle ne s’appuiera pas non plus sur la patience stratégique», a-t-elle ajouté, en référence à la doctrine de la présidence de Barack Obama.

Dans une déclaration séparée, également publiée par KCNA, le ministère nord-coréen des Affaires étrangères a accusé les Etats-Unis d’avoir insulté Kim Jong Un et sa politique contre le coronavirus, faisant référence à un communiqué de presse du 28 avril du Département d’Etat. Son porte-parole Ned Price avait critiqué ce qu’il considère être des violations des droits de l’Homme ainsi que les mesures prises par la Corée du Nord pour lutter contre le Covid-19, fustigeant «l’un des Etats les plus répressifs et totalitaires au monde».

«La “question des droits de l’Homme” évoquée par les Etats-Unis est une manœuvre politique destinée à détruire l’idéologie et le système social de la RPDC», a indiqué le ministère nord-coréen.

Et dans un troisième communiqué diffusé le 2 mai, la sœur de Kim Jong-un, Kim Yo-jong, s’en est prise au récent largage de tracts hostiles à Pyongyang, depuis la Corée du Sud, par un groupe d’opposants à la Corée du Nord. «Nous regardons les manœuvres commises par les déchets humains au sud comme une provocation grave contre notre Etat et étudierons les mesures qui conviennent en réponse», a assuré Kim Yo-jong.

Source à l’adresse RT France