Violences à Jérusalem : Erdogan qualifie Israël d’Etat «terroriste cruel»

La descente de policiers israéliens dans l’enceinte de l’esplanade des Mosquées et les violences qui ont suivi ont provoqué l’indignation du président turc. Des pays arabes ont également fustigé l’opération israélienne.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a qualifié Israël d’Etat «terroriste cruel» le 8 mai au soir à Ankara dans un discours où il a évoqué les violences sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem qui ont fait plus de 200 blessés.

«Israël, Etat terroriste cruel, attaque de manière sauvage et dénuée d’éthique les musulmans à Jérusalem qui n’ont d’autres soucis que de protéger leurs foyers et leur pays millénaire ainsi que leurs valeurs sacrées», a lancé le chef de l’Etat turc. Qualifiant les violences d’attaque à l’encontre de «tous les musulmans», Recep Tayyip Erdogan affirme que «protéger l’honneur de Jérusalem est un devoir pour chaque musulman». Le président turc a aussi appelé «tous les pays, en premier lieu les pays musulmans, à agir contre les attaques d’Israël envers les Palestiniens». Il a également invité le Conseil de sécurité de l’ONU à «arrêter cette persécution».

Peu avant son discours, le chef de l’Etat turc avait publié sur Twitter un message de condamnation des violences à Jérusalem en turc, en anglais, en arabe et en hébreu.

De vifs échanges avaient déjà opposé la Turquie à Israël en 2018 lorsque Erdogan avait qualifié de «crimes contre l’humanité» et de «terreur d’Etat» les actions d’Israël dans les territoires palestiniens. Le chef de l’Etat turc, qui se considère comme le champion de la cause des Palestiniens, avait aussi la même année amèrement critiqué Israël, le décrivant comme «l’Etat le plus sioniste, le plus fasciste et le plus raciste au monde».

La Turquie et Israël ont des relations tendues depuis le retrait mutuel de leurs ambassadeurs respectifs en 2018 après la mort de plusieurs manifestants dans la bande de Gaza. Erdogan avait cependant affiché en décembre dernier une volonté de rapprochement avec Israël, faisant part de son souhait de «porter les relations à un meilleur niveau».

Des pays arabes condamnent les agissements d’Israël

Des pays arabes ayant récemment normalisé leurs relations avec Israël ont également dénoncé les dernières violences. 

Des réactions critiques d’Israël ont ainsi afflué du Soudan, du Maroc, des Emirats arabes unis et de Bahreïn, qui ont annoncé l’année dernière la normalisation de leurs relations avec l’Etat hébreu. Khartoum a qualifié les mesures prises contre les Palestiniens à Jérusalem de «répression» et d’«action coercitive», selon un communiqué du ministère soudanais des Affaires étrangères. Il a exhorté le gouvernement israélien à «s’abstenir de prendre des mesures unilatérales diminuant les chances d’une reprise des négociations de paix».

Les Emirats et Bahreïn ont eux condamné la descente des forces de sécurité israéliennes dans la mosquée Al-Aqsa, et la répression à l’encontre de fidèles qui cherchaient à en sortir. Abou Dhabi a appelé les autorités israéliennes à «assurer la responsabilité d’une désescalade» de la violence autour de l’esplanade des Mosquées, le troisième lieu saint de l’islam et le site le plus sacré des juifs. Manama a de son côté exhorté le gouvernement israélien à «arrêter ces provocations contre les habitants de Jérusalem». 

Le Maroc a par ailleurs dit ce 9 mai suivre avec une «profonde inquiétude» les violences, ajoutant que le roi Mohammed VI «considère ces violations comme inadmissibles et alimentant les tensions».

L’annexion et l’occupation de Jérusalem-Est depuis 1967 sont contraires au droit international, tout comme l’occupation de la Cisjordanie.

Les récents heurts sur l’esplanade des Mosquées à Jérusalem-Est entre policiers israéliens et fidèles palestiniens sont les plus importants depuis 2017, quand Israël avait décidé de placer des détecteurs de métaux à l’entrée du site, avant d’y renoncer. Ces affrontements ont lieu alors que des Palestiniens protestent depuis plusieurs jours contre la possible éviction de familles palestiniennes de leurs maisons à Jérusalem-Est – secteur de la ville occupé et annexé par Israël – au profit de colons israéliens. 

La justice israélienne a annoncé ce 9 mai le report d’une audience clé, qui était prévue le 10 mai, consacrée au sort de familles palestiniennes menacées d’éviction. «A la lumière du contexte actuel, et à la demande du procureur général, l’audience prévue demain a été annulée», a fait savoir le ministère de la Justice dans un communiqué, précisant qu’une nouvelle date allait être annoncée dans «les 30 prochains jours».  

Source à l’adresse RT France