Régionales en Paca : LREM se retire pour soutenir Les Républicains, psychodrame en vue à droite ?

La République en marche a finalement abandonné les régionales en Paca pour appuyer le LR Renaud Muselier. La veille, celui-ci avait annoncé inclure des macronistes sur sa liste, au risque une nouvelle fois de crisper son parti.

Le feuilleton se poursuit en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. La secrétaire d’Etat Sophie Cluzel a annoncé le 13 mai qu’elle ne présenterait pas de liste La République en marche, afin de soutenir officiellement le candidat Les Républicains Renaud Muselier. Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux, elle affirme que le président sortant de la Région Paca a «su entendre nos préoccupations et su bâtir une liste de rassemblement, autour de compétences régionales où nos valeurs sont représentées».

«C’est donc en responsabilité que je ne présenterai pas de liste de la majorité présidentielle […] et j’apporte mon soutien à la liste que conduit Renaud Muselier», poursuit-elle. Une volte-face puisque Sophie Cluzel avait encore assuré le 7 mai qu’elle restait «candidate de la majorité présidentielle» et que celle-ci serait «représentée au premier tour des régionales», le 20 juin prochain.

Créditée de seulement 11% au premier tour dans une dernière étude menée par Ifop-Fiducial pour LCI, elle se situait loin derrière Renaud Muselier et le prétendant du Rassemblement national (RN) Thierry Mariani. Avec cet abandon, Sophie Cluzel offre toutefois la possibilité d’un nouveau coup de poker à La République en marche. Tout d’abord, ce retrait permet d’éviter un éventuel échec médiatique du parti macronien dans une élection où le RN a des chances de l’emporter.

Des négociations ont en outre bel et bien abouti entre Renaud Muselier et La République en marche, alors même que Les Républicains avait menacé de lui retirer son investiture, dans le cas d’un accord avec le parti présidentiel. Le 12 mai sur France Bleu, Renaud Muselier a en effet confirmé la présence de marcheurs et de membres MoDem et Agir (partis alliés à Emmanuel Macron) sur ses listes, tout comme celle du macron-compatible Christian Estrosi favorable à une alliance LREM/LR – et qui a dernièrement claqué la porte des LR. Le même jour dans Le Parisien, le patron des LR, Christian Jacob, a pourtant de nouveau martelé qu’il ne pouvait y avoir d’accord entre sa formation et LREM…

Faut-il voir dans l’absence d’une liste LREM, la poursuite d’une stratégie souhaitée par Emmanuel Macron, à savoir amplifier la fracture au sein du parti de la droite ? Probablement. Car le député LR des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti, exige que sa direction retire l’investiture à Renaud Muselier. Il dénonce de fait «une trahison […] et le sacrifice de notre région pour les ambitions politiciennes de quelques-uns». «Renaud Muselier devient le candidat d’En Marche», poursuit-il dans un tweet le 13 mai.

Une victoire de Renaud Muselier avec des élus macronistes sur une même liste permettrait enfin à la macronie de romancer un succès quasiment inespéré avec une candidature purement LREM/Modem/Agir. La région Paca est une histoire politique qui devrait encore agiter la droite dans les semaines qui viennent.

Bastien Gouly

Source à l’adresse RT France