Etats-Unis : un soutien de Donald Trump élu à un poste majeur du Parti républicain au Congrès

Soutien de Donald Trump, la représentante Elise Stefanik a été élue par ses pairs républicains en remplacement de Liz Cheney, grande critique de l’ex-président. Un signal fort en prévision des élections parlementaires de 2022 ?

Le 14 mai, Elise Stefanik, une élue à la Chambre des représentants de 36 ans, a été désignée par ses collègues du Parti républicain «chair of the House Republican Conference» – un poste considéré comme le troisième plus important dans la hiérarchie du Grand Old Party. Cette candidate soutenant Donald Trump succède à Liz Cheney, qui critiquait quant à elle ouvertement l’ex-président. Une situation qui met en exergue l’influence toujours très présente de Donald Trump sur le Parti républicain dans la préparation des élections de mi-mandat de 2022.

Le 12 mai, Liz Cheney – fille de l’ex-vice-président Dick Cheney – avait été évincée de son poste. Elise Stefanik s’est présentée en rassembleuse, forte du soutien de Donald Trump. Sur les 212 élus républicains de la Chambre, 134 ont voté pour elle et 46 contre, lors d’un vote à bulletins secrets.

Une élection dont s’est réjoui Donald Trump sur son blog : «Félicitations à Elise Stefanik pour sa grande et écrasante victoire ! Le [Parti républicain] à la Chambre est uni et le mouvement Make America Great Again est fort !». Dans son discours de remerciements après un vote à huis clos des républicains à la Chambre des représentants, Elise Stefanik a souligné que Donald Trump jouait un «rôle crucial» dans le parti. 

Le nouveau rôle de «chair of the House Republican Conference» d’Elise Stefanik consiste à porter le message du parti aussi bien en interne qu’auprès des électeurs, un poste d’autant plus crucial que les élections parlementaires de novembre 2022 sont à l’horizon. «Les Américains savent que les enjeux sont extraordinairement importants», a-t-elle déclaré. «Nous partons à l’offensive et allons regagner la majorité en 2022. Il faut être unis», a-t-elle lancé en désignant l’ennemi commun duquel il faut «sauver le pays»: «le programme radical démocrate-socialiste […] et la politique d’extrêmegauche» du président Joe Biden et de la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi. 

Elise Stefanik est diplômée de Harvard et a travaillé à la Maison Blanche pour George W. Bush de 2006 à 2009 – à l’époque où le père de Liz Cheney était vice-président. Elle a ensuite été élue représentante de New York au Congrès en janvier 2015, et fut à l’époque la plus jeune femme élue au Congrès. Elle avait dans un premier temps gardé ses distances avec Donald Trump, et avait même voté contre sa grande réforme fiscale en 2017 et exprimé son opposition à plusieurs décisions marquantes, dont le retrait des Etats-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Elle assume néanmoins son évolution, en se déclarant désormais «fière républicaine conservatrice».

Une élue pro–Trump succède à une anti-Trump

Elise Stefanik a affirmé que Liz Cheney avait encore toute sa place au sein du Parti républicain, même si cette dernière figurait parmi les dix républicains de la Chambre à avoir voté pour la mise en accusation de Donald Trump pour «incitation à l’insurrection» lors de l’intrusion de ses supporters dans l’enceinte du Capitole le 6 janvier. L’ex-président américain avait ensuite été acquitté par le Sénat.

L’élue du Wyoming fait partie des rares ténors du Parti républicain qui critiquent ouvertement Donald Trump. Elle dénonce sans relâche les «mensonges très dangereux» selon elle, de Donald Trump, qui continue à affirmer que la dernière élection présidentielle lui a été «volée». «Je ne pense pas qu’il devrait mener le parti», a-t-elle martelé sur CNN dans la soirée du 14 mai. «Et il est véritablement important que nous, républicains, défendions la vérité», a-t-elle poursuivi. «»L’élection présidentielle de 2020 n’a pas été volée. Quiconque prétend qu’elle l’a été répand un grand mensonge, tourne le dos à l’État de droit et empoisonne notre système démocratique», avait-elle déclaré sur Twitter le 3 mai. 

Une position qui est minoritaire au sein du parti : lors d’un discours donné devant le Congrès le 12 mai critiquant les membres de son parti qui ne s’étaient pas opposés aux affirmations de Donald Trump sur les fraudes lors de l’élection présidentielle – qu’elle a qualifiées de «croisade pour saper notre démocratie» – tous les parlementaires républicains sauf un avaient quitté les lieux, comme le note Business Insider.

Source à l’adresse RT France