Triple exploit pour la Chine qui parvient à déployer sa première astromobile sur Mars

Trois en un : pour sa première mission martienne indépendante, la Chine a réussi l’exploit de placer une sonde en orbite de Mars, réussir la rentrée atmosphérique de son module et, enfin, déployer une astromobile sur le sol de la planète rouge.

Dix mois après son décollage depuis le pas de tir de Wenchang dans la province du Hainan, l’astromobile Zhurong (ainsi baptisée en référence à une divinité chinoise du feu), qui naviguait depuis le 10 février autour de Mars à bord de la sonde Tianwen 1, s’est posée le 15 mai avec succès sur la surface de la voisine rouge de la Terre.

L’agence spatiale chinoise, la CNSA, a confirmé le succès de l’atterrissage préprogrammé de sa sonde dans la partie sud d’Utopia Planitia, une vaste plaine de l’hémisphère nord de Mars. Comme le rapporte l’agence de presse Xinhuanet, le rover Zhurong a rapidement déployé de manière autonome ses panneaux solaires et son antenne pour envoyer les signaux aux équipes sur Terre.

Il s’agit d’un progrès historique dans le développement de l’industrie spatiale chinoise

«Il y a eu un temps de latence de plus de 17 minutes en raison de la distance de 320 millions de kilomètres entre la Terre et Mars», explique Xinhuanet, qui a couvert l’événement en direct à travers plusieurs publications sur les réseaux sociaux. «Il s’agit d’un progrès historique dans le développement de l’industrie spatiale chinoise», a salué le président chinois Xi Jinping.

La CNSA signe ici un triple exploit pour sa première mission martienne indépendante : placer une sonde en orbite de Mars, réussir la rentrée atmosphérique d’un module et, enfin, déployer une astromobile sur le sol de la planète rouge.

La Chine multiplie les prouesses spatiales

Après l’historique mission soviétique Mars 3 grâce à laquelle l’URSS est devenue en 1971 la première puissance à réussir la pose d’un engin humain sur Mars (victime d’une panne quelques instants après avoir déployé ses instruments), 
et les prouesses répétées des Etats-Unis en la matière, la Chine est donc devenue le troisième pays à faire atterrir un engin à la surface martienne. Pour rappel, l’événement intervient à peine trois mois après l’arrivée sur la planète rouge de Perseverance, le dernier rover américain équipé d’un œil français, un mini-laboratoire d’analyse géologique à laser.

Sur les réseaux sociaux, plusieurs infographies de l’astromobile chinoise permettent d’avoir un aperçu des principales caractéristiques de l’engin, doté de nombreuses caméras. Pesant 240 kg, Zhurong est équipé afin de conduire de multiples analyses. 

Tout comme la Nasa, l’agence spatiale chinoise ambitionne de percer le mystère d’une possible vie martienne passée. La sonde devrait également récolter des données sur l’atmosphère martienne, le paysage, ainsi que les caractéristiques géologiques et magnétiques de la planète. Autant d’informations qui pourraient contribuer à comprendre l’origine et l’évolution de la planète tellurique, et plus largement, du système solaire. «Surtout, la sonde pourrait révéler si Mars a le potentiel de constituer une seconde maison pour les êtres humains», rapportait la chaîne de télévision chinoise CGTN en août 2020. 

Ainsi que le rapporte la presse spécialisée, la Chine pourrait tenter un retour d’échantillons du sol martien à horizon 2028-2030. 

L’arrivée réussie de Zhurong sur Mars intervient après plusieurs récentes prouesses spatiales de la Chine, comme le retour sur Terre des premiers échantillons collectés sur la face cachée de la Lune ou encore le placement en orbite terrestre du premier module de la station spatiale chinoise Tiangong 3.

Fabien Rives

Source à l’adresse RT France