« Cocasse ! Ces jeunes investisseurs qui ne comprennent rien et couinent auprès de l’AMF. » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, chers impertinents,

On sait que l’on est vieux (et sage), lorsque l’on entend dans les propos des plus jeunes, les propres âneries que l’on professait au même âge sans s’en rendre compte… il y a longtemps, fort longtemps.

Moi aussi j’expliquais doctement à mes parents, les beautés de la chose Internet, surtout à ma grand-mère de 1913 qui se demandait fichtrement comment pouvait bien fonctionner ce machin et à quoi cela allait lui servir. Ayant été, rinçé du haut de mes 25 ans par la bulle Internet, j’en ai évidemment tiré mes premiers enseignements financiers.

On apprend nettement plus de ses échecs que de ses réussites. Mais c’est un autre sujet.

Ce qui me fait réagir aujourd’hui c’est la réaction dépitée de l’AMF qui croule sous les plaintes, les réclamations et disons-le les couinements de petits jeunes qui ne comprennent rien aux marchés, mais donnent de très larges leçons d’investissements aux « vieux » dont je fais évidemment partie, car eux comprennent tout au… Bitcoin !

Evidemment leurs grandes connaissances des cryptos, des algorithmes le tout emballé dans un jargon qui vous permet d’avoir la sensation de faire « partie de la tribu qu’il faut », ne leur est d’aucune utilité pour déjouer les pièges et comprendre les techniques des marchés.

A un moment, et c’est une grande vérité valable pour tout, il faut travailler, au moins un peu et puis il faut laisser au temps le temps de nous épaissir, ce qu’il fait très bien d’après ma tendre qui surveille mon embonpoint dépitée.

Laissons la parole au médiateur de l’AMF

« J’ai vu les conséquences de l’arrivée de ces primo-accédants, qui ignorent certaines règles basiques », a expliqué Marielle Cohen-Branche, médiateur de l’AMF, lors d’une conférence de presse.

Par exemple, un épargnant avait transmis à son intermédiaire financier un ordre de vente de ses actifs avec un seuil de déclenchement, donc lorsque le prix descend sous une limite fixée par l’épargnant.

Il a saisi le médiateur se plaignant que l’ordre avait été mal effectué et contestait le cours, jugé trop bas, auquel ses actifs ont été vendus. Sauf que ce type d’ordre n’est pas assorti d’une limite de prix, ainsi en cas de forte volatilité au moment où le seuil est atteint, le produit peut être vendu pour un prix très bas.

L’exécution a finalement été jugée conforme par le médiateur. « On éviterait beaucoup de déconvenues si tous les investisseurs connaissaient les règles des quatre types d’ordres en Bourse », s’est désolé le médiateur de l’AMF.

Reprendre par le début…

Les débutants, pour ne pas dire les naïfs, l’AMF les nomme joliment les « néo-investisseurs ». C’est pudique et bienveillant. Ce n’est pas moi qui critiquerais. La bienveillance est une valeur fondamentale. Vous pouvez lire tout un article du Figaro ici à ce sujet.

L’idée c’est de commencer par le commencement et cela se passe mieux.

Rien n’est dans la vraie vie simple comme un coup de fil, une requête sur Google ou quelques SMS et autres « posts » dans une application en temps réel.

La vraie vie a toujours besoin de temps.

Alors, avant d’investir en bourse, on se forme, il faut lire, il faut apprendre, il faut se renseigner, il faut même lire les petits caractères ce que l’on répète tous mais que l’on ne fait pourtant jamais.

Or nous sommes dans un monde où l’immédiateté et le manque de réflexion atteignent des sommets. C’est valable pour l’ensemble de la société et ce qu’il se passe avec ces concerts de couinements de la part d’investisseurs qui sont des « néo » comme le dit l’AMF, c’est qu’ils veulent les gains sans le risque. Les fruits du travail, sans avoir travaillé.

Il y a donc certaines grandes vérités qu’il ne faut pas oublier sous peine de grandes déconvenues.

Non, rien n’est gratuit, tout a un prix, ou un coût.

L’argent à part à la loterie, nécessite beaucoup d’efforts pour être gagné.

Quand on place ses sous, il y a toujours un risque.

Plus le risque est grand, plus l’espérance de gains est élevée. Mais quand les gains sont trop beaux pour être vrais, c’est qu’ils sont généralement trop beaux pour être vrais !

Il faut du temps pour devenir riche, il faut du temps pour épargner, il faut du temps pour développer un patrimoine.

Il faut des connaissances, ce qui est très différents du fait d’avoir accès à des informations.

Quand on perd de l’argent, il n’y a personne pour vous rembourser les pertes ! Vous pouvez faire des procès, essayer de transférer la responsabilité à d’autres, couiner parce que l’on ne vous a pas tout dit, ou pas comme il faut, au bout du compte ce sera toujours vos sous, vos choix, vos pertes.

Je ne suis pas surpris du constat édifiant dressé par l’AMF, je voulais juste en profiter pour insister sur la notion de gestion en bon père de famille.

Développer un patrimoine, est l’œuvre d’une vie, cela implique de travailler dur pour gagner un peu d’argent, de mettre de côté une fois payé tout ce qu’il y a à payer pour faire tourner la maisonnée et que c’est cher pour nous tous généralement, cela implique d’essayer de comprendre ce qu’il se passe, d’essayer de faire les bonnes anticipations pour faire les meilleurs choix de placements, bref, c’est difficile.

Très difficile.

Souvent, malgré tous les efforts d’une vie entière, de travail, et de privation cela ne marche pas. Ou cela ne fonctionne qu’un temps. Puis arrive un krach, une guerre, les vents de l’histoire qui soufflent et tout ce qui a été patiemment construit s’effondre comme un château cartes. Emporté.

Alors ne devenez pas comme tous ces néo-investisseurs qui pensent tout savoir, veulent aller plus vite que la musique et rendent les autres responsables de leurs propres échecs.

La vie ne fonctionne pas comme ça, mais la société, elle, veut vous faire croire que cela pourrait fonctionner ainsi.

C’est l’un des plus gros mensonge social, et nos plus jeunes doivent prendre garde à ne pas tomber pas dans ce piège.

Signé Charles SANNAT, un vieux singe !

Restez à l’écoute.

Il est déjà trop tard, mais tout n’est pas perdu. Préparez-vous !

« Insolentiae » signifie « impertinence » en latin
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