Rovers chinois sur Mars : Elon Musk et le chef de la Nasa applaudissent les prouesses de Pékin

L’arrivée sur Mars de l’astromobile chinoise Zhurong a été saluée par le patron de SpaceX ainsi que l’actuel administrateur de la Nasa, qui a demandé au Congrès davantage de moyens pour son agence.

L’actuel administrateur de l’agence spatiale américaine, Bill Nelson, ainsi que le patron de SpaceX, Elon Musk, ont félicité le 19 mai la Chine après la publication des premières images de l’astromobile Zhurong (ainsi baptisée en référence à une divinité chinoise du feu) sur la planète Mars.

Réalisation exceptionnelle de la Chine !

«Félicitations à la CNSA [l’agence spatiale chinoise] pour les premières images du rover Zhurong Mars! Alors que la communauté scientifique internationale des explorateurs robotiques sur Mars s’agrandit, les Etats-Unis et le monde entier attendent avec impatience les découvertes que Zhurong fera pour faire progresser les connaissances de l’humanité sur la planète rouge», a déclaré Bill Nelson, à la tête de la Nasa depuis le 3 mai dernier. «Je voudrais appuyer ces félicitations. Réalisation exceptionnelle de la Chine !», a surenchéri Elon Musk qui, rappelons-le, nourrit l’ambition de participer activement à une future colonisation humaine de la planète rouge.

Si la formulation de ces éloges détonne avec les multiples manifestations d’hostilité émanant de l’administration américaine à l’endroit de l’ascension spatiale chinoise, il est à noter que Bill Nelson s’exprimait le jour-même devant une commission du Congrès afin de plaider en faveur de financements supplémentaires pour l’agence spatiale américaine.

Au cours de cette audition, l’administrateur de la Nasa a utilisé l’arrivée réussie du premier rover chinois sur Mars pour sensibiliser son auditoire aux efforts que les Etats-Unis devraient concéder afin de maintenir leur place dans la conquête spatiale. «Je veux que vous voyiez cette photographie», a-t-il déclaré, défendant aussi et surtout la nécessité d’augmenter les moyens de son agence pour le programme lunaire Artemis, qui prévoit notamment une expédition habitée sur notre satellite naturel au plus tôt en 2024, bien que les chances de tenir ce délai s’amenuisent.

Bill Nelson a ainsi demandé une rallonge de onze milliards de dollars pour l’année 2022, dont la moitié devrait aller au développement d’un atterrisseur lunaire. Pour rappel, l’élaboration de celui-ci avait initialement été confiée à SpaceX avant que ses concurrents Blue Origin et Dynetics ne protestent en justice contre l’exclusivité attribuée à l’entreprise d’Elon Musk ; les autorités américaines devraient trancher sur le dossier d’ici au plus tard début août.

Cela devrait nous encourager à nous bouger les fesses

«[Il est temps de] savoir si nous voulons, oui ou non, devenir sérieux et lancer une grande activité pour refaire atterrir des humains à la surface de la Lune», a déclaré Bill Nelson devant le Congrès, en soulignant les efforts déployés par la Chine en la matière. «La Chine est un concurrent très agressif […] Cela devrait nous encourager à nous bouger les fesses et à lancer vigoureusement notre programme de système d’atterrissage humain», a-t-il insisté.

Ainsi que le rapporte la presse spécialisée, le secrétaire général adjoint de la CNSA, Yao Jianting, a déclaré le jour-même qu’après avoir réussi, en décembre 2020, à ramener sur Terre les premiers échantillons de la face cachée de la Lune, la Chine prévoyait une deuxième mission de ce type (Chang’e-6) à l’horizon 2024 ou 2025. Deux autres missions d’atterrissage aux pôles lunaires, (Chang’e-7 et 8), sont en outre prévues entre 2024 et 2028. Elles pourraient précéder la mise en place d’une station scientifique internationale sur la Lune entre 2030 et 2035, en coopération avec des pays comme la Russie.

Fabien Rives

Source à l’adresse RT France