Emmanuel Macron s’exprime depuis le Rwanda, pour «une page nouvelle» de la relation avec l’Afrique

Entamant un voyage au Rwanda, le président français tient un discours très attendu depuis le Mémorial du génocide de Kigali. Emmanuel Macron avait en effet promis l’écriture d’«une page nouvelle de notre relation avec le Rwanda et l’Afrique».

Le président français Emmanuel Macron tient, ce 27 mai, un discours depuis Kigali, au Rwanda, où il est en visite. Le chef de l’Etat a choisi de s’exprimer depuis le Mémorial du génocide, l’une des étapes de sa visite.

Avant d’entamer son voyage, il avait promis : «Au cours des prochaines heures, nous allons écrire ensemble une page nouvelle de notre relation avec le Rwanda et l’Afrique.»

Le rôle joué par la France dans le génocide du Rwanda fait l’objet de tensions entre les deux pays. Seul président avant Emmanuel Macron à s’être rendu à Kigali depuis le génocide de 1994, Nicolas Sarkozy avait alors reconnu en 2010 de «graves erreurs» et une «forme d’aveuglement» des autorités françaises ayant eu des conséquences «absolument dramatiques».

Une «lourde responsabilité» pointée dans des rapports

En mars 2021, un rapport d’historiens commandé par Emmanuel Macron, dirigé par Vincent Duclert et consacré au rôle joué par Paris dans ces événements avait conclu à des «responsabilités lourdes et accablantes» ainsi qu’à l’«aveuglement» du président socialiste de l’époque François Mitterrand et de son entourage face à la dérive raciste et génocidaire du gouvernement hutu, alors soutenu par la France.

Un autre rapport réalisé par un cabinet d’avocats américains et publié ce 19 avril, affirme lui aussi que la France «porte une lourde responsabilité pour avoir rendu possible» le génocide «prévisible» des Tusti en 1994, qui a fait plus de 800 000 morts en trois mois, entre avril et juillet 1994, selon l’ONU.

Le rapport de près de 600 pages n’a pas pu établir de preuves quant à la participation de responsables ou du personnel français aux tueries, entre avril et juillet 1994. Mais il rejette l’idée que Paris était «aveugle» face au génocide qui se préparait, comme l’a récemment estimé le rapport de l’historien français Vincent Duclert, remis fin mars au président français Emmanuel Macron qui l’avait commandé.

Le rapport du cabinet américain souligne de son côté que la France a été un «collaborateur indispensable dans l’établissement d’institutions qui deviendraient des instruments du génocide». «Aucun autre Etat étranger n’avait connaissance du danger représenté par les extrémistes rwandais tout en appuyant ces mêmes extrémistes […] Le rôle du pouvoir français a été singulier», pouvait-on encore y lire.

Source à l’adresse RT France