Malgré l’épidémie, l’Inde reste le champion mondial de la croissance

L‘Inde devrait se ressentir de la flambée de Covid-19 observée depuis fin janvier. Mais selon l’OCDE son économie demeurera, en 2021 et 2022, la plus dynamique du monde, devant la Chine, les Etats-Unis et la Zone euro.

A première vue, les voyants de l’économie indienne sont au rouge : après une contraction de son activité économique de 7,7% en 2020, très forte comparée à la moyenne des économies en développement, l’épidémie de Covid-19 s’est emballée dès le premier trimestre 2021. Elle a alors fait passer le nombre de cas identifiés chaque jour de 14 000 fin janvier, à plus de 460 000 fin mai et imposé une remise sous cloche partielle de l’activité.

Sur le critère du nombre de décès, l’Inde est, avec 326 000 morts officiellement attribués au Covid-19, le troisième pays le plus touché après les Etats-Unis (588 000) et le Brésil (459 000), selon l’OMS.

C’est aussi un des pays où la vaccination de la population a pris le plus de retard avec 14 doses administrées pour 100 personnes, contre 28 au Brésil, une cinquantaine en moyenne en Europe, et près de 90 aux Etats-Unis, selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), qui reprend les données de l’organisation à but non-lucratif Global change data lab.

La virulence de cette seconde vague épidémique a imposé des mesures de reconfinement local qui ont encore ralenti l’activité économique ainsi que les échanges entre les Etats qui sont un des moteurs du dynamisme du pays. Dans sa dernière publication, l’OCDE écrit que «bien que l’on estime qu’environ 20% de la population possède des anticorps, la circulation d’un variant très contagieux, ajoutée à un relâchement dans le respect des règles de distanciation sociale et à un sous-investissement chronique dans le système de santé publique, rend la situation catastrophique».

Rattrapage de la consommation et de l’investissement

L’organisation basée à Paris pense même qu’un ralentissement marqué de l’économie pourrait être observé entre avril et juin, au moment où la reprise commence à s’installer dans la plupart des économies développées. Mais l’OCDE estime aussi que ce ralentissement devrait être modéré, et surtout que la croissance économique «portée par le rattrapage de la demande de biens de consommation et d’investissement», devrait rebondir en 2021 . 

Selon l’organisation, la croissance en Inde devrait finalement être amputée de 2,7 points par rapport à ses prévisions de mars, mais elle devrait tout de même culminer à 9,9% en 2021, puis 8,2% en 2022, loin devant la Chine, les Etats-Unis et la Zone euro (respectivement 8,5% puis 5,8% ; 6,9% puis 3,6% ; et 4,3% puis 4,4%).

Delhi ne sera malgré tout pas tiré d’affaire, avec un déficit budgétaire fédéral et des Etats équivalent à 9,6% du produit intérieur brut (PIB) en 2021, puis 7% en 2022 après 10% en 2020. Une situation délicate pour un pays dont la dette souveraine est placée par les agences de notation à la dernière place de la catégorie «investissement» avant celle de la spéculation, même si la dette externe a été maintenue à 21,5% du PIB.

Ivan Lapchine

Source à l’adresse RT France