Le Mali à nouveau suspendu de sa participation à l’Union africaine après un second coup d’Etat

L’Union africaine a décidé suspendre le Mali en raison de la prise de pouvoir du colonel Goïta. L’organisation intergouvernementale menace certains responsables maliens de sanctions si une transition démocratique n’est pas rapidement mise en œuvre.

Dans la soirée du 1er juin, l’Union africaine (UA) a annoncé dans un communiqué sa décision de suspendre à nouveau le Mali, théâtre en mai d’un second coup d’Etat militaire en neuf mois. L’organisation intergouvernementale a également affirmé qu’elle n’hésiterait pas à imposer des «sanctions ciblées et d’autres mesures punitives» contre ceux qui empêchent le retour à une transition démocratique. 

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l’organisation déclare dans ce texte que l’UA a décidé «de suspendre immédiatement la République du Mali de sa participation à toutes les activités de l’Union africaine, ses organes et ses institutions, jusqu’à ce qu’un ordre constitutionnel normal soit rétabli dans le pays».

L’UA appelle les militaires maliens à «urgemment et inconditionnellement retourner dans leurs casernes et à s’abstenir de toute interférence future dans le processus politique au Mali». Elle demande également à ce que soient établies les conditions pour le retour à une transition démocratique «sans entrave, transparente et rapide», sans quoi, le Conseil «n’hésitera pas à imposer des sanctions ciblées et d’autres mesures punitives» contre ceux qui empêchent la transition, ajoute le texte. 

La décision de l’UA suit de quelques jours celle de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) qui a également annoncé suspendre le Mali des ses institutions. La veille de cette décision, Assimi Goïta s’était rendu à Accra, au Ghana, pour participer à un sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cedeao.

Deux coups d’Etats en moins d’un an

Ce pays du Sahel a connu deux coups d’Etat en neuf mois : le 18 août 2020, le président Ibrahim Boubacar Keïta, dit «IBK», accusé de corruption et d’impuissance face à l’insécurité, est renversé par un putsch après plusieurs mois de manifestations antigouvernementales. L’UA suspend alors le Mali, mais l’organisation continentale lève cette décision début octobre, suite à la décision de la junte de s’engager à effectuer une transition vers un pouvoir civil sous 18 mois. 

Le 15 avril 2021, les autorités de transition fixent dans ce sens des dates en février et mars 2022 pour les élections présidentielle et législatives. Cependant en mai, les militaires mécontents d’une recomposition du gouvernement décidée suite à une contestation grandissante arrêtent le président Bah Ndaw et le Premier ministre Moctar Ouane, et les conduisent sous la contrainte au camp militaire de Kati, près de Bamako.

La Cour constitutionnelle déclare ensuite chef de l’Etat et président de transition le colonel Assimi Goïta, homme clé dans l’actuelle crise politique. Ce dernier a assuré que les élections prévues se tiendront courant 2022.

Dans son communiqué, l’UA appelle à ce qu’aucun des responsables actuels ne se présente aux élections à venir et demande la levée des «restrictions» sur tous les acteurs politiques, dont Bah Ndaw et Moctar Ouane, actuellement assignés à résidence. L’Union y annonce également l’organisation prochaine d’une mission d’évaluation au Mali.

Source à l’adresse RT France