Un navire militaire iranien brûle puis coule en mer d’Oman (VIDEOS)

Après un incendie majeur, la Kharg, navire de la Marine iranienne, a coulé en mer d’Oman ce 2 juin, ont annoncé les autorités militaires du pays. Une zone marquée par de fortes tensions entre l’Iran et les marines américaine et israélienne.

La Marine iranienne a annoncé ce 2 juin le naufrage d’un navire auxiliaire de plus de 200 mètres de long en mer d’Oman, après des heures de lutte contre un incendie qui s’était déclaré à bord le 1er juin.

Comme le rapporte l’AFP, l’équipage de ce bâtiment, le Kharg, a pu être évacué avant que le navire ne sombre au large du port de Jask, dans le sud de l’Iran, indique un communiqué de la Marine.

Les forces navales de la République islamique présentent le Kharg comme un «navire-école de soutien» en service depuis «plus de quatre décennies». Mais selon GlobalSecurity.org, site américain spécialisé dans les questions militaires, il s’agit d’un pétrolier «ravitailleur» et «porte-hélicoptères» construit en Grande-Bretagne.

Commandé sous le règne du dernier chah, le bâtiment, long de 679,5 pieds (207 mètres) a été livré en 1984, soit après la révolution iranienne de 1979 et alors que la jeune République islamique était en guerre contre l’Irak, ajoute le site.

La télévision d’Etat iranienne a diffusé des images apparemment prises du rivage montrant une épaisse colonne de fumée s’élevant au large au-dessus d’une mer turquoise, indiquant qu’il s’agissait du Kharg en train de brûler.

Selon la Marine iranienne, le feu s’est déclaré dans l’«un des systèmes» du navire. Le communiqué ne donne aucune précision supplémentaire, notamment sur la cause de l’incendie.

Les secours ont lutté «pendant 20 heures» après que les marins eurent été évacués vers la côte, «mais compte tenu de la propagation de l’incendie, la mission de sauvetage du Kharg a échoué et le navire a coulé près de Jask», écrit la Marine.

Le texte ajoute que le bâtiment avait effectué ces jours-ci une «mission d’entraînement» dans les eaux internationales.

Fortes tensions en mer d’Oman

En 2020, 19 marins iraniens avaient été tués lors de manœuvres après qu’un bâtiment de guerre eut été touché par un tir ami.

En avril, Téhéran avait annoncé qu’«un navire commercial» iranien, le Saviz, avait été endommagé en mer Rouge par une explosion d’origine indéterminée.

Le New York Times avait de son côté rapporté que le Saviz avait été visé par une attaque de «représailles» israélienne après «des frappes antérieures de l’Iran contre des navires israéliens».

Le gouvernement iranien a annoncé il y a quelques jours que son projet d’oléoduc à destination de Jask était achevé et que du pétrole avait été acheminé via ce pipeline jusqu’à ce port.

Pour l’Iran, le but est d’exporter du pétrole à partir de Jask, ce qui ferait gagner quelques jours de navigation par rapport au port pétrolier de Kharg, dans le Golfe, et permettrait aux navires-citernes d’éviter le détroit d’Ormuz, au cœur de vives tensions stratégiques entre l’Iran et les Etats-Unis, dont les navires de guerre sont présents en grand nombre dans la région.

Compte tenu des sanctions américaines contre l’Iran mises en place sous la présidence de Donald Trump (janvier 2017 – janvier 2021) en vue de tarir les exportations pétrolières de la République islamique, Téhéran est particulièrement discrète sur ses expéditions de brut à destination des quelques rares clients qui osent encore lui en acheter.

   

Source à l’adresse RT France