«Ma lettre aux fils d’Afrique du Nord» : la tête de liste LR en Occitanie accusée de «clientélisme»

Selon l’hebdomadaire Marianne, le député de droite Aurélien Pradié, engagé dans la course aux régionales en Occitanie, a écrit un courrier adressé aux descendants de pieds-noirs de la région. Reste à savoir comment il a établi son ciblage.

Comment le député Les Républicains (LR) Aurélien Pradié a-t-il fait pour cibler par courrier des électeurs ayant des origines pieds-noirs ? Tête de liste de droite dans la région Occitanie, Aurélien Pradié a en effet envoyé une lettre intitulée «Ma lettre aux filles et fils d’Afrique du Nord», adressée aux «compatriotes rapatriés d’Algérie dans les années 50 et 60 et vivant en Occitanie», comme le rapportent l’Hebdomadaire Marianne et Mediacités.

L’objectif est simple pour le candidat républicain à la traîne dans les sondages, loin derrière la présidente sortante Carole Delga (PS) et son plus sérieux concurrent Jean-Paul Garraud (RN), convaincre les descendants de pieds-noirs de voter pour lui lors des élections les 20 et 27 juin prochain. 

Ce ciblage selon l’origine des électeurs très clair a notamment été qualifié de «bel exemple de clientélisme électoral» par le rédacteur en chef web de Marianne.

Pour réaliser un tel ciblage, LR n’a pu avoir recours qu’à deux documents : la liste électorale ou un fichier associatif. Or, la seconde hypothèse serait à écarter, car le parti aurait eu l’obligation d’indiquer si la liste des personnes ciblées venait d’un fichier associatif.

Interrogée par Marianne, la chercheuse en droit public Magali Le François, estime donc probable que le candidat LR se soit basé sur la liste électorale – dont l’usage est pourtant «très encadré» – ciblant les potentielles familles de pieds-noirs sur la base des noms de famille. «Comme ils n’ont pas eu les moyens de cibler dans le détail, ils se sont appuyés sur les noms de famille pour les identifier. C’est vraiment choquant», suppose-t-elle.

Comme le rappelle l’hedbomadairel’article 226-19 du Code pénal précise que «les tris opérés sur la consonance des noms qui sont susceptibles de faire apparaître les origines raciales, ethniques ou les appartenances religieuses, réelles ou supposées, des personnes concernées sont interdits compte tenu des risques de discrimination qu’ils comportent».

Contactée par Marianne, la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) a fait savoir qu’elle avait demandé des explications à Aurélien Pradié. Le média, pour sa part, n’a pas obtenu de réponses de la part du parlementaire et de son attaché de presse.

Source à l’adresse RT France