Brésil : plusieurs blessés lors de heurts entre indigènes et policiers devant le Parlement (VIDEOS)

Des heurts ont éclaté entre la police et des indigènes manifestant pour leurs terres devant le parlement à Brasilia, le 22 juin. La police a utilisé du gaz lacrymogène, tandis que les militants autochtones auraient usé de leurs arcs et flèches.

Des manifestants indigènes armés d’arcs et de flèches se sont confrontés le 22 juin à la police devant le Congrès brésilien, laissant la zone baignée de gaz lacrymogène et poussant les législateurs à suspendre le débat concernant un projet de loi controversé sur la réforme agraire. Plusieurs blessés sont à déplorer.

Le service de presse de la Chambre des députés a fait savoir que quelque 500 manifestants avaient «essayé d’envahir» l’une des entrées du Parlement. Au moins trois policiers ont été blessés par des flèches tandis que la police a riposté avec des jets de grenades assourdissantes et de gaz lacrymogène. 

Les indigènes ont assuré de leur côté qu’ils manifestaient de manière pacifique contre un projet de loi portant atteinte à leurs droits quand ils ont été attaqués par des membres des forces de l’ordre de manière «brutale». 

Sur des vidéos circulant sur les réseaux sociaux, on voit des autochtones crier, courir et filmer les heurts avec leurs téléphones portables, dans des nuages de gaz lacrymogène. Certains ont perdu connaissance et sont secourus par des pompiers, selon des photos publiées par les organisateurs de la manifestation.

Lutte contre la modification des règles en vigueur de délimitation des terres des peuples indigènes

L’Apib, l’Association des peuples indigènes du Brésil, a signalé que deux autochtones avaient été hospitalisés après avoir été «grièvement blessés» et qu’«une dizaine d’enfants, de personnes âgées et de femmes avaient été légèrement atteints».

«Aujourd’hui est un jour inquiétant pour les manifestations, mais aussi la démocratie», a déclaré lors d’une conférence de presse Joenia Wapichana, première députée indigène.

Les affrontements ont provoqué la suspension de la séance de la commission parlementaire qui débattait du texte controversé. Divers groupes indigènes manifestent depuis le début du mois à Brasilia contre ce projet de loi qui modifie les règles en vigueur de délimitation de leurs terres. 

Ils craignent que leurs terres ancestrales, où leur droit de vivre est garanti par la Constitution, soient ouvertes à l’exploitation commerciale, notamment à l’abattage des forêts et à l’extraction minière. Depuis son arrivée au pouvoir en 2019, le président Jair Bolsonaro prône l’exploitation des ressources des terres indigènes et zones protégées d’Amazonie.

Source à l’adresse RT France