L’Australie met un vent aux éoliennes chinoises, Pékin contre-attaque à l’OMC

En réponse à des mesures anti-dumping de l’Australie contre des biens industriels chinois, Pékin va ouvrir une procédure auprès de l’OMC. Depuis un an, les relations entre les deux pays se détériorent dans les domaines politique et commercial.

La Chine a annoncé ce 24 juin l’ouverture d’une procédure auprès de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) contre des mesures anti-dumping prises par l’Australie à l’encontre de ses exportations d’éoliennes et d’autres produits manufacturés, dans un contexte de relations déjà tendues entre les deux pays.

Moins d’une semaine auparavant, l’Australie avait fait de même en réponse à des surtaxes douanières sur le vin australien décrétées par Pékin. Outre les taxes sur ses éoliennes, le ministère chinois du Commerce vise les mesures australiennes contre ses exportations de roues de train et d’éviers en métal, prises respectivement en 2019 et 2020, d’après des précisions données par Gao Feng, le porte-parole du ministère chinois du commerce, rapportées par Reuters.

«Il s’agit de défendre les droits et intérêts légitimes des entreprises chinoises […et] nous espérons que l’Australie prendra des mesures concrètes pour corriger ses mauvaises pratiques», a ajouté Gao Feng, appelant à un «retour à la normale le plus rapidement possible».

Le ministre australien du Commerce, Dan Tehan, interrogé le jour-même à Canberra par des journalistes à propos de ce différend, a déclaré que l’Australie allait «défendre vigoureusement les mesures mises en place». Il a ajouté que Canberra cherchait «une relation constructive avec le gouvernement chinois», mais que les mesures anti-dumping visant les exportations chinoises avaient été décidées «après une analyse rigoureuse». Les deux pays sont en froid depuis un an, après des appels de l’Australie à une enquête sur les origines de l’épidémie de coronavirus qui a débuté en Chine fin 2019.

Le vin australien taxé jusqu’à 218%

Dans le cadre de ce conflit, Pékin a imposé des sanctions économiques sur une série de produits australiens, dont des droits de douane sur des produits agricoles, le charbon ou les vins (droits de douane jusqu’à 218% infligés en novembre 2020). L’Australie était jusque-là le premier exportateur de vins vers la Chine. Mais les mesures de rétorsion chinoises lui ont quasiment fermé ce marché d’exportation qui était son premier débouché et où ses ventes se sont effondrées, passant de 1,1 milliard de dollars australiens (730 millions d’euros) à 20 millions de dollars australiens (12,7 millions d’euros), d’après des chiffres «officiels» cités par l’agence Reuters.

Du point de vue chinois – présenté par le site d’informations internationales CGTN financé par Pékin – les taxes dissuasives appliquées aux importations de vins australiens ont été décidées en réponse à la demande de l’industrie vinicole chinoise. Le ministère du commerce chinois, a ouvert une enquête sur les vins importés d’Australie en août 2020 et a conclu à des pratiques de dumping portant un préjudice aux viticulteurs chinois.

La plainte australienne devant l’OMC concernant les vins avait été déposée après des avertissements du Premier ministre Scott Morrison sur la volonté de son gouvernement de répondre à tous les pays qui tenteraient de faire usage de «coercition économique» à son encontre. Elle intervenait aussi après un sommet des sept pays les plus industrialisés, le G7, au Royaume-Uni où l’Australie avait plaidé en faveur d’une attitude plus ferme à l’égard des pratiques commerciales de la Chine.

En milieu de semaine, l’administration Biden s’en est prise à l’industrie chinoise de l’énergie solaire en imposant des restrictions au commerce avec la société chinoise Hoshine Silicon Industry Co. en raison, selon «deux sources informées» citées par Reuters d’allégations de travail forcé en Chine. Le département américain du Commerce a restreint séparément les exportations de composants produits aux Etats-Unis vers trois autres sociétés chinoises, dont le Xinjiang Production and Construction Corps (XPCC), également accusées, selon les mêmes sources, d’être impliquées dans le «travail forcé des Ouïghours et d’autres groupes minoritaires musulmans au Xinjiang».

Source à l’adresse RT France