Le Royaume-Uni s’apprête à durcir les peines contre les migrants illégaux

La peine d’incarcération encourue par les migrants cherchant à entrer illégalement en Grande-Bretagne passera de six mois à quatre ans, alors que le nombre de traversées de la Manche est sur le point de dépasser celui de l’année 2020.

Une réforme du régime du droit d’asile sera débattue au Parlement britannique, a annoncé le 4 juillet le secrétariat d’État à l’Intérieur du Royaume-Uni. Elle prévoit notamment un durcissement des règles et une peine de prison qui passerait de six mois à quatre ans pour les migrants entrant illégalement en Grande-Bretagne. Le projet de loi prévoit aussi une peine de prison à vie en lieu et place des quatorze ans actuels pour les passeurs. Le gouvernement de Boris Johnson avait déjà présenté en mars 2021 une modification du système d’asile en vue d’en durcir les modalités.

Le durcissement des règles en matière de droit d’asile faisait partie des doléances fortes des partisans du Brexit, désireux de tirer parti de la fin de la libre-circulation des personnes et des marchandises imposée par l’Union européenne.

Le peuple britannique en a tout simplement assez des migrations illégales et des abus de notre système d’asile

Le texte a pour objectif de décourager l’immigration illégale et prévoit un traitement différencié selon qu’un demandeur d’asile est entré de façon licite ou non dans le pays. Priti Patel, secrétaire d’Etat britannique de l’Intérieur, décrit le projet de réforme comme «juste mais ferme». Elle a par ailleurs précisé dans une tribune publiée le 4 juillet dans le Daily Express que «ce projet de loi est le changement dont nous avons besoin pour réparer le système d’asile brisé du Royaume-Uni», arguant que «le peuple britannique en a tout simplement assez des migrations illégales et des abus de notre système d’asile». Les abus que Priti Patel a en ligne de mire sont notamment liés aux «gangs qui exploitent des personnes» entrant illégalement au Royaume-Uni. «Nous voulons un système d’asile qui aide les plus vulnérables et qui ne soit pas ouvertement utilisé par les migrants économiques ou exploité par les passeurs», poursuit la tribune.

Les migrants clandestins feraient du «shopping» en choisissant un pays plutôt qu’un autre

Son ministère a d’ailleurs précisé qu’il était «très vraisemblable que ceux qui se rendent au Royaume-Uni à bord de petites embarcations viennent d’un pays sûr de l’Union européenne où ils auraient pu demander l’asile». «Quand c’est le cas, ils ne cherchent pas le premier endroit possible où se réfugier», ajoute le Home Office, qui dénonce une forme «shopping» consistant à choisir «le Royaume-Uni comme destination préférée à d’autres, en utilisant des voies illégales pour s’y rendre».

La délibération du texte intervient alors que le nombre de migrants traversant la Manche bat des records, avec près de 6 000 embarcations pour les six premiers mois de l’année 2021. En 2020, 8 417 embarcations avaient au total effectué la traversée, un chiffre qui pourrait être dépassé durant l’été, même si le nombre de traversées est équivalent à celui de juillet et août 2020, d’après l’agence de presse britannique PA.

Steve Valdez-Symond, responsable britannique d’Amnesty International sur ce sujet, a fustigé le projet de réforme. «Au lieu de répandre délibérément mythes et contre-vérités au sujet de l’asile et l’immigration, le Home Office ferait mieux d’établir des voies sûres pour ces quelques personnes qui fuient les persécutions et veulent demander l’asile ici», a-t-il réagi.

Source à l’adresse RT France