Russie : une nouvelle réglementation sur le champagne inquiète les producteurs français

LVMH assure que la suspension de ses livraisons sur le marché russe est temporaire, mais les producteurs champenois crient au scandale après que la Russie a modifié sa loi sur la vente de vins mousseux, concernant en particulier l’appellation.

Les producteurs de champagne, «scandalisés» par une nouvelle législation russe sur l’étiquetage du champagne, ont interpellé ce 5 juillet les diplomaties française et européenne pour intervenir dans ce dossier épineux. «Les Champenois en appellent aux diplomaties française et européenne pour obtenir la modification de cette loi inacceptable», écrit le Comité champagne, qui regroupe vignerons et maisons de champagne, dans un communiqué.

Une nouvelle loi russe signée le 2 juillet par le président Vladimir Poutine oblige les distributeurs de marques de champagne à inscrire sur la contre-étiquette, placée au dos de la bouteille, la mention «vin pétillant».

Selon le Comité Champagne, «si les vins de Champagne conservent le droit exclusif d’utiliser le nom Champagne en caractères latins sur l’étiquette principale, cette nouvelle loi les oblige à renoncer au terme Champanskoïe [traduction du nom Champagne en russe] et à se présenter sous le terme vin pétillant en caractères cyrilliques sur la contre-étiquette».

En revanche, cette loi prévoit que les producteurs russes, eux, pourront utiliser le termeChampanskoïe : «Seuls les vins effervescents russes auront désormais le droit d’utiliser» ce nom, selon le Comité Champagne. «Cette réglementation n’assure pas aux consommateurs russes une information claire et transparente sur l’origine et les caractéristiques des vins», assure-t-on de même source, avant de déplorer que cette loi «remette en cause plus de vingt ans de discussions bilatérales entre l’Union européenne et la Russie sur la protection des appellations d’origine.»

Appellation d’origine contrôlée, le terme champagne est jalousement défendu par la France, qui rappelle que le vin doit provenir d’un périmètre précis dans la région du même nom pour avoir droit de s’en prévaloir.

«Si vous ne voulez pas livrer, ne livrez pas»

La filiale russe du groupe français de luxe LVMH, qui produit notamment les célèbres Moët et Chandon, Veuve Cliquot ou encore Dom Perignon a prévenu ses partenaires locaux qu’elle suspendait ses livraisons vers le pays, en réponse à cette loi. Dans un communiqué, le groupe français a assuré que cette suspension était une mesure «temporaire», le temps de trouver la solution appropriée.

Une suspension décriée par le président de l’Union des viticulteurs et des vignerons russes Léonid Popovitch. «Je pense […] que c’est une forme de chantage sans aucune preuve. Du champagne est fourni par une vingtaine d’autres fabricants, et aucun d’entre eux ne s’est indigné. Si vous ne voulez pas livrer, ne livrez pas», a-t-il déclaré, cité par RIA Novosti

Moët Hennessy veut reprendre «au plus vite»

Moët Hennessy (groupe LVMH) a toutefois fait savoir le 4 juillet qu’il reprendrait «au plus vite» les livraisons de champagne en Russie : «Les Maisons de Champagne de Moët Hennessy ont toujours respecté la législation en vigueur partout où elles opèrent et reprendront les livraisons au plus vite le temps d’effectuer ces ajustements», a indiqué, dans un communiqué, la grande maison de vins et spiritueux.

Leader sur le marché russe, Moët Hennessy a indiqué avoir prévenu «ses partenaires commerciaux de l’évolution législative en Russie sur l’apposition d’une mention “vin mousseux/sparkling wines” sur l’étiquette au dos de la bouteille entraînant une suspension très temporaire des livraisons le temps de s’adapter d’un point de vue logistique et réglementaire.»

Les bouteilles de champagne qui seraient distribuées sans changement d’appellation pourraient être considérées comme de la contrefaçon.

Source à l’adresse RT France