Incendie de Notre-Dame de Paris : une nouvelle plainte pour contamination au plomb

La CGT Ile-de-France, une association et deux familles d’enfants exposés au plomb déposent plainte contre X et dénoncent de «graves négligences» de la part des autorités dans la gestion des retombées de l’incendie de Notre-Dame de Paris en 2019.

Selon les informations de France Inter ce 6 juillet, la CGT Paris (UD CGT 75), l’Association Henri Pézerat (connue pour son implication contre l’amiante) et deux familles d’enfants exposés au plomb après l’incendie de la cathédrale Notre-Dame de Paris en avril 2019 dénoncent de «graves négligences» de la part des autorités. Ils portent plainte contre X devant le tribunal de Paris.

Les trois parties fondent notamment leur plainte sur un rapport de l’Inspection du travail qui a pointé du doigt les dysfonctionnements en matière de protection des employés du chantier de la cathédrale.

Au mois d’avril, l’association Robin des Bois avait déjà déposé une plainte similaire après un premier recours infructueux en août 2019.

Cette nouvelle plainte est déposée alors que le parvis de la cathédrale a de nouveau été fermé au public et que les poussières de plomb polluent encore les alentours de l’édifice situé à moins de 500 mètres de plusieurs écoles et crèches. Selon des relevés récents, la concentration de plomb y est toujours très élevée et peut s’avérer très toxique pour les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Une «grave négligence», selon les plaignants

Jusqu’à 500 000 microgrammes par mètre carré  avaient été mesurés en 2019 sur le parvis ou encore 20 000 µg/m2 autour de la très fréquentée fontaine de la place Saint-Michel qui n’a jamais été fermée au public. Ces niveaux sont très supérieurs à la valeur environnementale de 5 000 µg/m2 retenue depuis par l’agence régionale de santé (ARS). Mais cette valeur ne constitue pas une «référence sanitaire», a toujours défendu l’ARS.

La CGT d’Ile-de-France et l’Association Henri Pézerat réclament depuis deux ans un confinement du chantier et sa décontamination avant travaux, ainsi qu’une cartographie mise à jour de la pollution environnementale au plomb pour toutes les personnes exposées dont les pompiers, les travailleurs et les riverains. Leur avocat évoque «des informations accablantes» après deux années de recherches.

La plainte contre X vise, selon Le Monde, l’agence régionale de santé d’Ile-de-France, la préfecture de police de Paris et la ville de Paris, qui auraient minimisé les risques pour la santé après l’incendie. Le conseil des parties dénonce une «grave négligence» et un seuil «erroné» de sécurité de 1 000 µg/m2 pour mesurer la gravité des niveaux de concentration en plomb autour du site. Des niveaux élevés de plombémie peuvent notamment induire le saturnisme, mais sont également pointées plusieurs infractions potentielles à la réglementation du code du travail sur les risques d’exposition aux agents chimiques cancérogènes, mutagènes ou toxiques.

Source à l’adresse RT France