La FCPE accusée d’avoir imputé la responsabilité de la mort de Samuel Paty à l’Education nationale

Une responsable la Fédération des conseils de parents d’élèves aurait déclaré que le meurtre de Samuel Paty s’expliquait parce que l’école «ne répond plus collectivement à faire vivre la laïcité et des échanges pacifiés dans la communauté éducative».

Un tweet de la Fédération des conseils de parents d’élèves (FCPE) relayant une phrase de sa co-présidente Carla Dugault lors du congrès annuel du syndicat a fait polémique le 4 juillet. Selon le message, qui a été supprimé depuis, la co-présidente aurait dit : «l’atroce assassinat de Samuel Paty a démontré avant toute chose que l’école telle qu’elle est ne répond plus collectivement à faire vivre la laïcité et des échanges pacifiés dans la communauté éducative».

Plusieurs professeurs et parents d’élèves ont regretté le lien qui a été dressé par la représentante de la FCPE entre l’attentat contre l’enseignant à Conflans-Sainte-Honorine en octobre 2020 et l’enseignement de la laïcité en milieu scolaire, y voyant une manière de dédouaner le terroriste islamiste qui a commis le meurtre.

«Est-il vraiment décent de mettre l’école en accusation ? Et les professionnels engagés qui la font vivre ? Quelle confiance avoir ensuite ? Cessez de parler de notre collègue assassiné. Taisez-vous ou réfléchissez avant de parler», a par exemple réagi Christine Guimonnet, secrétaire générale de l’Association des professeurs d’histoire-géographie. Gilles Clavreul, cofondateur du Printemps républicain et ancien préfet, a expliqué au Figaro qu’il s’agissait «d’une lecture dépolitisée, coupée du réel, de l’assassinat de Samuel Paty : la FCPE en fait un simple fait divers, avant d’enchaîner sur des considérations oiseuses au sujet de la laïcité».

La FCPE impliquée dans plusieurs controverses 

La direction de la fédération des parents d’élèves s’était déjà retrouvée sous le feu des critiques ces derniers mois. Un texte signé par plusieurs de ces «adhérents et sympathisants» avait fait du bruit le 2 avril : «Nous aurions aimé entendre la FCPE manifester sa solidarité à l’égard de Mila, de Didier Lemaire ou de Fatiha Agag-Boudjahlat, et de toutes ces premières lignes de la République. Il n’en a rien été, à croire qu’elle ignore ses propres statuts, par lesquels elle s’engage, dès 1947, à “propager l’idéal laïque” et “resserrer les liens indispensables entre les parents et les enseignants”», écrivaient les signataires.

En décembre 2020, un rapport de deux inspecteurs généraux chargés d’enquêter sur les jours ayant précédé l’attentat contre Samuel Paty soulignait que «la FCPE, estimant qu’elle était “dépassée” dans l’exercice du rôle de modérateur qui est le sien [avait] conseillé au père [de l’une des élèves de Samuel Paty], s’il considérait qu’il y avait harcèlement, de déposer plainte» contre le collège. La FCPE avait alors réagi à la polémique en expliquant que son «conseil local avait alerté au plus vite les autorités (le collège, les renseignements) sur la menace que faisait courir la mobilisation de ce père». 

Un peu plus d’un an auparavant, en septembre 2019, une affiche de la FCPE dans le cadre des élections des représentants des parents d’élèves montrait une mère voilée avec sa fille, à côté du slogan «La laïcité, c’est accueillir à l’école tous les parents sans exception». Une affiche qui avait été qualifié d’«erreur regrettable» par le ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer.

Source à l’adresse RT France