Après avoir comparé pass sanitaire et apartheid, une députée européenne mise en garde par EELV

La députée au Parlement européen Michèle Rivasi a reçu un avertissement de son parti et pourrait en être suspendue après un tweet qualifiant l’extension du pass sanitaire en France d’«apartheid».

Le parti Europe Ecologie – Les Verts (EELV) a adressé un avertissement et pourrait prendre des sanctions à l’encontre de sa députée au Parlement européen Michèle Rivasi. Celle-ci venait de comparer l’extension du pass sanitaire à l’apartheid. 

Dans la foulée de l’annonce de nouvelles restrictions sanitaires faite par Emmanuel Macron le 12 juillet, Michèle Rivasi avait publié sur Twitter un message affirmant «c’est l’apartheid dans le pays des droits de l’homme». Un tweet depuis lors effacé, mais toujours visible sur le site Wayback Machine, qui archive de nombreuses pages web.

Selon le dictionnaire Larousse, l’apartheid désigne la «discrimination, voire [l’]exclusion, d’une partie de la population, qui ne dispose pas des mêmes droits, lieux d’habitation ou emplois que le reste de la collectivité», mais aussi le «régime de ségrégation systématique des populations de couleur appliqué en Afrique du Sud entre 1913 et 1991».

Michèle Rivasi s’est défendue en citant la première partie de cette définition, et en affirmant que «la question de la discrimination se pose», comme le rapporte Le Parisien.

Je dénonce la politique qu’opère Macron entre les vaccinés et les non-vaccinés

Dans un autre tweet lui aussi effacé, la députée européenne s’était également justifiée en ces termes : «Je dénonce la politique qu’opère Macron entre les vaccinés et les non-vaccinés. Je vous prie de m’excuser que, dans ce contexte de discrimination délibérée, mon emploi du terme apartheid ai [sic] pu choquer certains. La définition du Larousse est pourtant sans équivoque.»

Michèle Rivasi a finalement reconnu – dans un tweet quant à lui toujours en ligne – que l’emploi du terme était «maladroit» et a tenu à s’excuser «d’avoir heurté la sensibilité» de nombreuses personnes. «Je reste indignée des annonces du président Macron que je trouve discriminatoires envers les libertés fondamentales de mes concitoyens», a-t-elle néanmoins conclu.

Des propos condamnés par les cadres d’EELV

D’après les informations du HuffPost et du JDD, les dirigeants d’EELV ont pris la décision d’adresser un «avertissement» à Michèle Rivasi lors d’une réunion qui s’est tenue le 13 juillet. Les suites à donner aux propos de l’ex-députée de la Drôme devraient par ailleurs être étudiées «dans les jours qui viennent», «avec sa possible suspension» par le bureau exécutif régional du parti en région Rhône-Alpes.

Le secrétaire national d’EELV et tête de liste du parti en Ile-de-France aux dernières élections régionales Julien Bayou a publiquement condamné ces propos en estimant, après avoir rappelé la définition de l’apartheid, que la comparaison opérée par Michèle Rivasi était «aussi idiote qu’indigne».

La secrétaire nationale adjointe et porte-parole d’EELV Sandra Regol s’est quant à elle exprimée sur la situation en ces termes : «Les mots ont un sens : l’apartheid est un régime politique de la peur, mis en place par des hommes pour tuer, torturer, dominer.» «La critique politique est utile quand elle est responsable, ces dérivés verbales ne le sont pas», a-t-elle jugé, avant d’estimer que, «en tant qu’écologiste, on ne peut que les déplorer».

Source à l’adresse RT France