Pass sanitaire : une élue LFI parle de risques de contrôle au faciès dans les trains, la SNCF réfute

Un dirigeant de la SNCF a critiqué les accusations de la députée Mathilde Panot sur des contrôles au faciès liés à l’obligation du pass sanitaire dans les trains longue distance. L’Unsa ferroviaire parle d’«une insulte envers les cheminots».

Retour de bâton. La vice-présidente du groupe LFI à l’Assemblée Mathilde Panot s’est attiré les critiques d’un dirigeant de la SNCF et de plusieurs cheminots pour avoir écrit le 22 juillet que l’obligation du pass sanitaire dans les trains longue distance banaliserait les contrôles au faciès.

Très présente médiatiquement pour s’opposer au pass sanitaire, la députée du Val-de-Marne a relayé sur Twitter une rumeur sur l’éventualité que la SNCF mette en place des contrôles aléatoires de ce certificat, ajoutant ironiquement «Nous contrôlerons de façon plus vigilante et accrue les arabes et les noirs», suivi du mot-dièse #TraduisonsLes.

En réponse à la députée, le PDG de SNCF Voyageurs Christophe Fanichet a écrit le 23 juillet qu’il «s’associe à tous les cheminots qui sont offensés par le tweet» de Mathilde Panot. «Nous sommes au service de tous et profondément attachés aux valeurs républicaines. Je suis à votre disposition pour vous présenter notre travail sur le pass sanitaire», a-t-il développé.

L’Unsa ferroviaire a de son côté jugé que «ce propos de la part d’une députée est absolument scandaleux» et qu’il s’agit d’«une insulte envers les cheminots qui exercent leur métier chaque jour dans le respect strict de la déontologie et de l’éthique», a poursuivi le deuxième syndicat représentatif à la SNCF.

Cheminots : leur métier n’est pas de contrôler un pass sanitaire

Un des secrétaires fédéraux de Sud Rail a estimé auprès de l’AFP qu’il s’agissait «sans doute d’un dérapage» de l’élue francilienne. Des contrôles des pass sanitaires des voyageurs «aléatoires mais massifs, ça veut dire que c’est juste certains trains qui seront ciblés mais contrôlés entièrement avant l’embarquement ou contrôlés entièrement à bord s’il y a une équipe prévue à bord», a expliqué Erik Meyer, assurant que «les contrôles aléatoires individuels ne sont pas prévus» et qu’ainsi «les cheminots ne participeraient pas à des contrôles au faciès».

En outre, en plein débat sur l’adoption d’un nouveau projet de loi anti-Covid portant sur l’extension du pass sanitaire, le ministre délégué aux Transports Jean-Baptiste Djebbari avait répondu à Mathilde Panot sur Twitter en publiant une photo du chef de file de La France insoumise Jean-Luc Mélenchon la main sur le front et les yeux dans une gestuelle d’incrédulité.

Toujours sur Twitter, Mathilde Panot a décidé le 23 juillet de s’expliquer sur ses propos, assurant qu’elle ne mettait «pas en cause les cheminots avec qui» elle a «partagé et partage tant de combats, mais bien la direction de la SNCF» et le gouvernement. 

«Nous savons que les contrôles “aléatoires” visent toujours la même partie de la population, comme l’a documenté le Défenseur des droits», a-t-elle affirmé. En janvier 2017, un rapport du Défenseur des droits avait conclu qu’un «jeune homme perçu comme noir ou arabe […] a une probabilité 20 fois plus élevée» d’être contrôlé que l’ensemble du reste de la population. 

«Cheminots : leur métier n’est pas de contrôler un pass sanitaire !», a ajouté Mathilde Panot dans sa réponse à la polémique.

Source à l’adresse RT France