Covid-19 : la Tunisie évite de justesse la catastrophe sanitaire grâce à une large campagne de dons

Des dons affluent de la part d’Etats étrangers ainsi que de la société civile et de la diaspora tunisiennes pour face à l’épidémie. Dans ce pays de moins de 12 millions d’habitants le Covid-19 a déjà fait plus de 18 000 morts.

«La mobilisation de la société civile a sauvé la Tunisie d’un scénario catastrophe», affirme Cyrine Chedly, membre de l’Organisation des jeunes médecins tunisiens, cité par l’AFP le 25 juillet, et qui a lancé un appel aux dons relayé par d’autres associations et institutions. Le Dr Hechmi Louzir, responsable de l’Institut Pasteur de Tunis, avance lui que les dons de vaccins vont permettre d’accélérer la vaccination pour atteindre l’objectif de l’institut qui est de vacciner «à peu près 50% de la population d’ici mi-octobre». Cela permettra selon lui de réduire la circulation du virus dans le pays.

Les dons provenant de la diaspora et de simples citoyens affluent, ainsi que ceux venus d’Etats étrangers. La Tunisie a ainsi reçu 3,2 millions de doses, en large partie offertes, et devrait dépasser les 5 millions d’ici la mi-août, selon le ministère de la Santé. Quelque 500 000 doses viennent de Chine, autant des Emirats arabes unis et 250 000 doses sont arrivées de l’Algérie voisine.

La France a offert la semaine dernière plus d’un million de doses d’Astra Zeneca et Janssen. Mais ces vaccins arrivent tardivement. La Tunisie, qui n’a reçu qu’un sixième des doses promises dans le cadre du programme Covax destiné aux pays défavorisés et chapeauté par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) se retrouve avec l’un des pires taux de mortalité lié au Covid au monde. On y dénombre en effet plus de 18 000 morts du Covid-19 pour une population d’un peu moins de 12 millions.

Les internautes tunisiens partagent des vidéos de familles paniquées car ne trouvant pas de lit pour leur proche, de soignants craignant la pénurie d’oxygène, et de corps entassés dans des morgues débordées. Les hôpitaux publics, déjà démunis en temps normal en raison d’un manque de moyens, ont à nouveau appelé à l’aide au début de l’été pour obtenir notamment des équipements de protection et instruments pour la réanimation.

Retards et désorganisation

La Tunisie, qui ne comptait que 90 lits de réanimation dans le secteur public avant la pandémie, en a désormais 500, en partie grâce à des dons. La douane tunisienne a autorisé les Tunisiens venant de l’étranger à ramener un concentrateur d’oxygène par voyageur sans aucune taxe à payer. Le docteur Cyrine Chedly rapporte aussi que, dans l’hôpital de Kairouan, l’un des premiers débordés par l’afflux de malades fin juin, «les dons de concentrateurs d’oxygène ont permis de réduire le nombre de cas graves et de morts». La championne de tennis Ons Jabeur a vendu deux raquettes pour financer une unité de réanimation.

Mais l’installation de matériel sophistiqué prend du temps et semble pâtir d’un manque de coordination. Ainsi, un hôpital de campagne fourni par les Etats-Unis en mai a été installé en juillet, un autre offert par le Qatar n’est toujours pas fonctionnel faute de source d’oxygène. Sur les trois générateurs d’oxygène livrés par la France début juin, d’une valeur d’un million d’euros, et qui permettent d’alimenter chacun 300 lits en continu, un seul est complètement fonctionnel.

En attendant, la France et l’Italie ont envoyé ces derniers jours d’importantes quantités d’oxygène en conteneurs. D’autres pays arabes comme l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Egypte, l’Algérie ou les Emirats arabes unis, ont aussi envoyé des tonnes de matériel médical. Mais cela ne suffira pas pour venir à bout de la crise, selon les témoignages recueillis par l’AFP selon lesquels les mesures de prévention sont mal respectées et les luttes de pouvoir actuelles au sommet de l’Etat désorganisent les pouvoirs publics.

Source à l’adresse RT France