Albertville : le permis de construire d’une école musulmane retiré par le maire

Nouveau rebondissement dans la construction de l’école musulmane d’Albertville. Le maire vient de retirer le permis de construire à l’association à l’origine du projet après avoir été contraint de l’accorder sur décision judiciaire.

Le maire d’Albertville (Savoie) a retiré le 28 juillet le permis de construire qu’il avait été contraint d’accorder sur décision judiciaire pour la construction d’une école musulmane, a-t-il indiqué à l’AFP, confirmant une information du quotidien Le Dauphiné libéré.

La décision de Frédéric Burnier Framboret, l’élu divers droite à la tête de la ville depuis 2020, intervient après le recours gracieux déposé le 18 juin par le préfet de Savoie contre l’injonction du tribunal. 

«Le jugement était susceptible d’un recours et l’Etat l’a formulé, comme il en a le droit, pour des raisons de sécurité» liées au lieu d’implantation du projet, a précisé le maire.

«L’affaire suit son cours. Elle est entre les mains de notre conseil», a commenté Fatih Sarikir, le président de la Confédération islamique Millî Görüs (CIMG), qui porte le projet. L’association, qui déplore un geste politique, a deux mois pour contester la décision de l’édile.

Le 6 avril, le tribunal administratif de Grenoble avait enjoint le maire d’Albertville à valider le permis de construire déposé en 2019 par cette association qui souhaite implanter une école de 400 élèves dans cette ville d’environ 20 000 habitants.

Le tribunal avait estimé que les motifs avancés par la municipalité, portant notamment sur des places de stationnement, n’étaient pas recevables.

Un projet «séparatiste» pour le préfet 

Opposée à ce projet d’école primaire en raison de la proximité de la CIMG avec le gouvernement turc de Recep Tayyip Erdogan, la ville a fait appel de la décision devant la cour administrative d’appel de Lyon, soutenue par le préfet de Savoie qui juge ce projet «séparatiste».

Dans une tribune, Frédéric Burnier Framboret s’était estimé «démuni» pour «contrer l’installation d’associations ou d’entreprises pilotées par des puissances étrangères, qui favorisent une cristallisation identitaire au cœur de nos territoires».

De son côté, Engin Seller, le représentant local de Millî Görüs, s’était défendu de vouloir bâtir autre chose qu’une «école confessionnelle, comme [en] ont les catholiques ou les juifs».

Le 12 avril, le gouvernement avait fait adopter un amendement de dernière minute au projet de loi sur le séparatisme pour permettre au préfet de s’opposer à l’ouverture d’écoles soutenues par un Etat étranger «hostile» à la République.

Cinq jours plus tard, une manifestation à l’appel du Rassemblement national avait réuni à Albertville une centaine de personnes opposées à la construction de l’école. 

Source à l’adresse RT France