«Pays jumeaux» : Mohammed VI appelle à régler les différends opposant l’Algérie au Maroc

Dans un discours affichant une volonté d’apaisement, le roi du Maroc a appelé à la réouverture des frontières terrestres avec l’Algérie. Il a par ailleurs assuré que la sécurité des deux pays était liée.

Le roi du Maroc Mohammed VI a déploré le 31 juillet les «tensions» entre son pays et l’Algérie voisine, réitérant son appel à rouvrir les frontières terrestres avec son voisin, dans un discours prononcé à l’occasion de la fête du Trône alors que les rapports entre Alger et Rabat ont connu de nouvelles tensions il y a deux semaines.

L’ambassadeur marocain à l’ONU avait en effet annoncé durant une réunion du mouvement des non-alignés soutenir «l’autodétermination» du «peuple kabyle» en Algérie, en réaction au soutien de l’Algérie aux indépendantistes sahraouis. Alger a riposté en rappelant son ambassadeur à Rabat pour consultations. L’affaire Pegasus est venue relever d’un cran la méfiance d’Alger à l’égard de Rabat après la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, vue d’un très mauvais œil côté algérien.

A cet égard, force est de constater que ni Son Excellence, l’actuel président algérien, ni l’ex-président, ni moi-même ne sommes à l’origine de cette décision de fermeture

«Vous n’aurez jamais à craindre de la malveillance de la part du Maroc […] La sécurité et la stabilité de l’Algérie, et la quiétude de son peuple sont organiquement liées à la sécurité et à la stabilité du Maroc», a assuré Mohamed VI en s’adressant aux Algériens. Il a invité le président algérien Abdelmadjid Tebboune «à faire prévaloir la sagesse» et «œuvrer à l’unisson au développement des rapports» entre les deux pays voisins.

«A sa plus proche convenance, j’invite le président algérien à œuvrer à l’unisson au développement des rapports fraternels tissés par nos deux peuples durant des années de lutte commune», a déclaré le monarque marocain, en référence notamment à la coopération des mouvements nationaux des deux pays contre la colonisation française dans les années 50.

Frontière fermée depuis 1994

Il a également réitéré son appel à rouvrir les frontières fermées depuis l’été 1994 à l’initiative de l’Algérie. Alger avait ainsi riposté à la décision de Rabat d’imposer un visa d’entrée à son territoire aux Algériens après l’attentat de Marrakech. 

Depuis 2004, le visa a été supprimé et les lignes aériennes entre les deux pays rétablies mais l’Algérie refuse de rouvrir ses frontières terrestres. «A cet égard, force est de constater que ni Son Excellence, l’actuel président algérien, ni l’ex-président, ni moi-même ne sommes à l’origine de cette décision de fermeture», a-t-il remarqué à ce sujet.

De son côté, Alger dénonce une campagne médiatique hostile de son voisin de l’est. «Le Maroc a toujours été l’agresseur» avait affirmé le président Abdelmadjid Tebboune dans une interview au Point en juin dernier. Il avait alors jugé que l’Algérie ne pouvait «ouvrir ses frontières avec un pays qui l’agresse quotidiennement».

Source à l’adresse RT France