«On adopte un ton grave, catastrophique» : tollé après les propos du préfet de Guadeloupe

Avant une conférence de presse sur la situation sanitaire en Guadeloupe, le préfet de région a proposé à la directrice générale de l’ARS d’adopter «un ton grave, catastrophique». Des termes qui ont fait réagir plusieurs responsables politiques.

Un élément de langage prévu en amont d’une conférence de presse réunissant, le 2 août, le préfet et la directrice générale de l’ARS de Guadeloupe a, déclenché une polémique sur les réseaux sociaux, certains internautes jugeant que les autorités du territoire d’outre-mer cherchaient à faire peur en parlant de la situation sanitaire liée au Covid-19.

Comme le montrent les images de RCI Guadeloupe à partir de 30 secondes, le préfet de région Alexandre Rochatte s’est penché vers la responsable de l’ARS Valérie Denux juste avant d’entamer un point presse sur les nouvelles restrictions, pour lui dire : «On adopte un ton grave, catastrophique, pas moralisateur mais juste catastrophique.»

Annonçant ensuite aux journalistes un reconfinement pour au moins trois semaines de l’archipel à partir du 4 août au soir, le préfet a effectivement évoqué une «situation catastrophique» au niveau de l’épidémie de Covid-19, alors que le territoire voisin de la Martinique est déjà reconfiné depuis le 30 juillet pour trois semaines également.

La directrice de l’ARS a adopté le même registre lexical : «Nous sommes dans une situation catastrophique, nous avons dépassé les 3 000 cas par semaine», a ainsi alerté Valérie Denux une fois la conférence entamée, ajoutant que le nombre de cas de Covid-19 avait été «multiplié par plus de 10 en 3 semaines». «Le taux d’incidence est à 828 pour 100 000 habitants. On n’a jamais atteint ce taux en Guadeloupe», a-t-elle insisté.

Vous démontrez que vous n’êtes que des acteurs

Plusieurs responsables politiques ont rebondi sur ce choix de mots, exprimant leur indignation. Le leader des Patriotes Florian Philippot a qualifié la séquence, qu’il juge «indigne», de «politique de la peur». 

Joachim Son-Forget, député ex-LREM de la 6e circonscription des Français de l’étranger, a fustigé une «mise en scène». «Non seulement vous êtes la honte de la communication mais en plus vous démontrez que vous n’êtes que des acteurs. J’ai envie de vomir», a-t-il écrit sur Twitter.

L’eurodéputé RN Gilbert Collard a ironisé en relayant la séquence des «consignes» du préfet : «Après ça on va nous traiter de complotistes !»

«La communication morbide des autorités prise en flagrant délit d’indécence. Cette volonté d’angoisse permanente est la clé de voûte du populisme étatique !», a de son côté vilipendé le député de l’Essonne Nicolas Dupont-Aignan.

La Guadeloupe sera soumise à partir du 4 août à un couvre-feu de 20h à 5h, avec des restrictions de déplacement dans la journée dans rayon de 10 km autour de son domicile, a précisé le préfet durant la conférence de presse qui a engendré cette polémique. Si les commerces restent ouverts, ainsi que les restaurants à midi, les bars seront tous fermés, tout comme les gymnases, stades et piscines. En outre, sur les plages, seule la présence «dynamique» sera permise, dans le cadre de promenade, baignade ou activité sportive individuelle.

Source à l’adresse RT France