Jean Castex rencontre des réfugiés afghans et salue leur accueil par la France

Jean Castex s’est rendu à la rencontre de réfugiés afghans, tenaillés entre le soulagement d’avoir pu fuir Kaboul après sa prise express par les Taliban et une profonde inquiétude concernant le sort de leurs familles et amis.

Le 24 août, le Premier ministre Jean Castex a rencontré des réfugiés afghans arrivés en France. Selon le récit de l’AFP, apercevant l’écharpe tricolore d’une députée, une jeune journaliste afghane arrivée le 22 août après avoir «tout quitté», fond en larmes. «Je ne sais pas si je reverrai un jour mon drapeau», explique-t-elle au Premier ministre.

Dans cet hôtel en banlieue parisienne arrivent des centaines d’hommes, femmes et enfants tout juste débarqués d’Afghanistan, dont la capitale est tombée le 15 août aux mains des Taliban.

Accompagné de la ministre déléguée à la Citoyenneté Marlène Schiappa, Jean Castex écoute un médecin relatant en français «toutes les catastrophes» vécues à l’aéroport de Kaboul, où il est resté deux jours avec ses proches, jusqu’à être exfiltré par des soldats français au milieu d’un chaos indescriptible.

«Les Américains nous ont dispersés avec du gaz lacrymo. J’ai perdu mes trois enfants dans la cohue. J’ai fini par les retrouver», dit-il, ému. Son épouse, travaillant aussi dans le secteur médical, et sa belle-sœur, acquiescent.

«On est très inquiets pour notre famille. J’étais heureux de venir en France mais j’ai un sentiment un peu mélangé», ajoute le médecin.

Un fonctionnaire encore sous le choc de «la soudaine chute de Kaboul que l’on n’imaginait pas», insiste auprès de Jean Castex : «Si vous pouviez faire encore quelque chose… Les Taliban vont aller chasser nos familles, surtout pour ceux qui ont un lien fort avec les pays occidentaux.»

«Nous prenons nos responsabilités», a répondu Jean Castex. «La France doit protéger celles et ceux qui, à un titre ou un autre, ont aidé la République française. Et puis la France est aussi une terre d’asile et doit la protection à ceux qui sont particulièrement vulnérables», a-t-il ajouté.

Mais, répondant à une artiste préoccupée du sort de la «société civile», le chef du gouvernement a rétorqué que «pour l’instant, vous le comprenez, nous gérons l’urgence».

Dans ce cadre, Jean Castex avait auparavant visité la cellule de crise située au ministère des Affaires étrangères (officiellement CDSC, «Centre de crise et de soutien»), qui pilote à Paris les rapatriements et évacuations. Dans une grande salle, une carte de Kaboul est affichée au mur, pointant ambassade et aéroport. Une trentaine d’agents s’affairent nuit et jour pour traiter les dizaines de milliers de mails et d’appels qui affluent depuis dix jours, décrit l’AFP.

Des réfugiés d’Afghanistan continuent d’arriver en France

Un nouveau groupe d’évacués de Kaboul est arrivé à Paris à l’aube du 24 août. Selon le colonel Pascal Ianni, porte-parole de l’EMA (état-major des armées), contacté par l’AFP, l’appareil s’est posé à l’aéroport parisien de Roissy avec à son bord 205 personnes évacuées, dont 204 Afghans.

Depuis la mise en place il y a une semaine de l’opération d’évacuation Apagan, la France a ramené sur son sol, via Abou Dhabi, plus de 2 000 personnes, ont précisé Pascal Ianni et Jean Castex.

Un autre vol devrait arriver à Roissy dans la journée du 24 août, un appareil de l’armée de l’Air ayant déjà décollé d’Abou Dhabi, transportant des personne évacuées de Kaboul dans la nuit du 23 au 24, selon le ministère des Armées.

Le 23 août, un nouveau groupe de personnes a trouvé refuge auprès des autorités françaises à l’aéroport de Kaboul, en attente d’exfiltration, selon l’ambassadeur de France en Afghanistan : «Ce matin les forces spéciales françaises, en liaison avec l’armée américaine, ont pu faire entrer dans l’aéroport 260 collaborateurs de la délégation de l’Union Europe à Kaboul. Ils sont accueillis dans la zone d’attente de l’ambassade de France avant embarquement. Bravo à l’UE», a tweeté David Martinon.

Plusieurs pays de l’UE participent à l’évacuation des collaborateurs de l’Union.

Paris souhaite aider à sortir du pays, outre ses ressortissants, les auxiliaires de l’armée française, les employés d’organisations françaises et des personnalités de la société civile ciblées par les Taliban en raison de leurs engagements. 

Ce pont aérien est toutefois en passe de s’achever si comme prévu, les Etats-Unis se retirent d’Afghanistan le 31 août.

Source à l’adresse RT France