Canada : des milliers de livres auraient été retirés d’écoles et détruits car jugés racistes

Des écoles de l’Ontario, province la plus peuplée du Canada, auraient procédé à la destruction de milliers de livres qualifiés de néfastes pour les populations autochtones. Le ministère de l’Education assure n’avoir joué «aucun rôle» dans ce projet.

Ainsi que l’a rapporté le 7 septembre Radio-Canada, le Conseil scolaire catholique Providence, qui regroupe 30 écoles francophones dans tout le Sud-Ouest de l’Ontario, aurait détruit plusieurs milliers de livres accusés de véhiculer des stéréotypes au sujet des populations autochtones.

Plus de 4 000 livres retirés des bibliothèques

«Au total 4 716 livres ont été retirés des bibliothèques du conseil scolaire, dans 30 écoles, soit une moyenne de 157 livres par école […] Ils ont été jetés, certains brûlés et enterrés», relate la radio canadienne qui évoque «une grande épuration littéraire» et selon qui l’objectif visé serait celui d’«une réconciliation avec les Premières Nations».

Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif

Toujours selon Radio-Canada, qui explique avoir consulté un document détaillant l’ensemble des titres éliminés et les raisons invoquées, cette opération de destruction aurait commencé en 2019, période à laquelle remonterait la première cérémonie de «purification par la flamme». Les cendres auraient alors été utilisées comme engrais pour «planter un arbre et ainsi tourner du négatif en positif». Dans une vidéo destinée aux élèves, dont le contenu est aujourd’hui en partie retranscrit par la radio canadienne, les auteurs de cet autodafé commenteraient ainsi leur démarche : «Nous enterrons les cendres de racisme, de discrimination et de stéréotypes dans l’espoir que nous grandirons dans un pays inclusif où tous pourront vivre en prospérité et en sécurité.»

Parmi les œuvres détruites, figurerait la bande dessinée Tintin en Amérique à qui le conseil scolaire a entre autres reproché «une représentation fautive des Autochtones dans les dessins». Serait également concerné un album d’Astérix et Obélix, pour lequel le comité scolaire aurait dénoncé «la sexualisation de l’Autochtone qui tombe en amour avec Obélix».

Outre ces exemples de bandes dessinées, la liste des œuvres détruites contient des biographies qui auraient été «jetées au recyclage» mais aussi de nombreux autres livres dans la catégorie jeunesse à l’instar du livre Pocahontas, tiré du dessin animé de Disney. Des représentants du ministère de l’Education de l’Ontario y auraient aussi participé, selon le conseil scolaire, mais le ministère assure n’avoir joué «aucun rôle» dans ce projet.

Désignée comme l’une des principales initiatrice de cette opération, Suzy Kies, qui se définit comme une chercheuse indépendante, est aussi, depuis 2016, coprésidente de la Commission des peuples autochtones du Parti libéral de Justin Trudeau. «Selon le Conseil scolaire Providence, ce comité autochtone [est] consulté par le premier ministre du Canada Justin Trudeau», relate Radio-Canada.

Source à l’adresse RT France