«Violations persistantes de nos règles» : Google démonétise le site FranceSoir

Google a assuré avoir démonétisé le site FranceSoir pour violation de ses règles. Cette confirmation intervient après la diffusion d’un reportage sur France 2, lors duquel les journalistes avaient signalé le site en question au groupe américain.

Initialement révélée le 9 septembre sur les réseaux sociaux par une des réalisatrices du dernier numéro de Complément d’enquête intitulé «Fake news la machine à fric» (diffusée une semaine plus tôt sur France 2), l’information a été confirmée dès le lendemain par Google auprès de BFMTV : le site FranceSoir a été démonétisé par le moteur de recherche américain.

«Google a un règlement pour les éditeurs clair qui est conçu pour garantir à nos utilisateurs une expérience positive, tout en protégeant les marques contre la diffusion de leurs publicités à côté de contenus dangereux et trompeurs. Nous avons prévenu FranceSoir avant de prendre des mesures, leur demandant de remédier aux violations persistantes de nos règles. Nous ne diffuserons pas de publicités Google sur leur site tant qu’ils ne respecteront pas nos règles», a en effet assuré Google à la chaîne d’informations en continu.

FranceSoir signalé à Google par des journalistes français

«FranceSoir faisait partie des sites sur lesquels nous avions interpellé Google», a fait savoir la journaliste Aude Favre dans un tweet annonçant la démonétisation en question. «Le site semble avoir été démonétisé peu avant ou dans la foulée de notre enquête», a-t-elle toutefois précisé. «Le géant américain et FranceSoir sont en contentieux depuis plusieurs mois. Notre enquête a-t-elle joué dans la décision de Google ? Pour le moment ils ne souhaitent pas commenter. En tout cas la bataille des « Fric News » a bien commencé !», a-t-elle résumé dans une deuxième publication.

Une période mouvementée pour FranceSoir

Ce nouvel épisode intervient après plusieurs polémiques visant la direction de FranceSoir. Début 2021, d’anciens journalistes du média, appuyés par le syndicat national des journalistes (SNJ), ont lancé une pétition «pour que FranceSoir retrouve son honneur et sa déontologie journalistique».

Selon les pétitionnaires, Xavier Azalbert utilise depuis 2019 la marque FranceSoir comme «une tribune purement personnelle sous le titre et le logo de l’ancien grand quotidien national France-Soir». En matière éditoriale et éthique, les pétitionnaires jugent «inadmissible que cette publication via internet puisse répandre en toute impunité de fausses informations et des thèses complotistes dangereuses pour la société». Interrogé par Libération au sujet de cette pétition, Xavier Azalbert avait fait part de sa stupéfaction et estimé que ce texte «port[ait] atteinte à la liberté d’expression». L’édition papier du journal France-Soir a disparu en 2011.

Selon l’AFP, qui cite anonymement un ancien collaborateur, Xavier Azalbert, devenu patron du site en 2016, a voulu «instaurer un modèle à base de jeux concours et de sponsoring de rubriques», ce qui aurait provoqué la grève, puis le départ en 2019 «des quatre derniers journalistes» du média. Dans une publication de novembre 2020, Xavier Azalbert écrivait que le site était animé par «des contributeurs d’une part, et d’autre part des journalistes qui écrivent dans FranceSoir». Il assurait également que le média traitait «des dépêches AFP comme la plupart des autres médias». Et d’ajouter : «En ce qui concerne les contributeurs, FranceSoir ne diffère pas des autres médias qui ont également des pages dédiées aux contributions extérieures».

Source à l’adresse RT France