Contrat annulé par l’Australie : Moscou rappelle à Paris l’épisode des Mistral en 2015

La vente actée de deux navires de guerre Mistral par la France à la Russie avait été annulée en août 2015 par Paris, au prétexte de la crise ukrainienne. Un épisode que la diplomatie russe a rappelé à l’occasion du récent revirement australien.

L’arroseur arrosé, selon Moscou. La rupture par l’Australie d’un contrat de fourniture d’armements de 56 milliards d’euros passé en 2016 – comprenant plusieurs sous-marins – avec Paris a poussé la diplomatie russe à rappeler ce 16 septembre le revirement de la France au détriment de la Russie en 2015.

«Le ministre français de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian a qualifié de « coup dans le dos » la décision de l’Australie de rompre un contrat avec la société Naval Group sur la construction de sous-marins. Il a souligné que Paris avait établi des relations de confiance avec Canberra. Cependant, selon l’homme politique, elles sont désormais sapées», a résumé sur sa chaîne Telegram Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères.

Le souvenir du contrat annulé sur les Mistral 

L’Australie a de son côté annoncé un vaste partenariat de sécurité avec les Etats-Unis et le Royaume-Uni dans la zone indo-pacifique face à la Chine, qui comprend la livraison de sous-marins à propulsion nucléaire à Canberra. Un véritable camouflet pour la diplomatie française.

Est-ce que seuls les couteaux que vous sentez dans votre propre dos posent problème ?

Rebondissant sur les déclarations du chef de la diplomatie française («Je suis aujourd’hui en colère, avec beaucoup d’amertume, ça ne se fait pas entre alliés», a déclaré Le Drian ce 16 septembre), Maria Zakharova s’est non sans ironie interrogée à la mi-journée : «Pourquoi cette colère et cette amertume ? La rupture de contrats semble, pour la France, être une chose habituelle. En 2015, Paris avait annulé un contrat avec la Russie sur deux porte-hélicoptères Mistral.» «Est-ce que seuls les couteaux que vous sentez dans votre propre dos posent problème ?», a-t-elle ajouté.

Le début de la crise ukrainienne en 2014 et les divergences de Paris et Moscou sur ce dossier avaient été une des raisons évoquées pour justifier l’annulation par la France, en août 2015, de la livraison à la Russie des deux porte-hélicoptères Mistral, entraînant le remboursement de quelque 949,7 millions d’euros. L’annonce avait été faite à la veille d’un sommet de l’OTAN, dont ses membres – au premier rang desquels les Etats-Unis et la Pologne – voyaient d’un mauvais oeil cette fourniture de matériel militaire sensible à la Russie. Les bâtiments avaient finalement été achetés par l’Egypte quelques semaines plus tard, grâce à un financement saoudien.

Source à l’adresse RT France