A l’ONU, Sergueï Lavrov sonne la charge contre les pays occidentaux

Dans une allocution prononcée devant l’Assemblée générale de l’ONU le 25 septembre, le chef de la diplomatie russe a dénoncé l’unilatéralisme des pays occidentaux dans la conduite des affaires internationales.

Dans une intervention devant l’Assemblée générale de l’ONU qui n’aura duré que 17 minutes le 25 septembre, le chef de la diplomatie russe a dénoncé l’imposition par les Occidentaux d’un «ordre fondé sur des règles» en lieu et place du respect inconditionnel du droit international.

Sergueï Lavrov s’est dit déçu de voir l’ONU servir «d’instrument obéissant pour promouvoir les intérêts égoïstes de certains.» Il a ensuite rappelé l’importance institutionnelle et historique de l’organisation. Il a ainsi affirmé que la charte de l’ONU était «un ensemble de règles […] approuvées par tous les pays du monde» et devait donc être «au cœur des négociations bilatérales et multilatérales.»

Lors de son allocution, Sergueï Lavrov a également souligné l’importance capitale du droit international et des structures de dialogue qui fonctionnent sur la base de traités et d’accords multilatéraux. Le chef de la diplomatie russe a mis en garde contre toute tentative de contourner ces mécanismes à travers la mise en place de structures conjoncturelles servant des intérêts politiques très précis et non pas ceux de la communauté internationale tout entière.

«L’Occident voudrait exclure du processus d’élaboration de solutions globales ceux qui ont leur propre point de vue»

Le ministre des Affaires étrangères a été particulièrement critique envers l’initiative américaine visant à organiser un «sommet des démocraties» en décembre prochain. Ce sommet annoncé par Joe Biden en août dernier devrait rassembler une douzaine de pays autour de trois thèmes : la défense de nos systèmes contre l’autoritarisme, la guerre contre la corruption et le respect des droits humains.

Le chef de la diplomatie russe a ainsi dénoncé une initiative «tout droit dans l’esprit de la guerre froide». Il s’est aussi lamenté du fait que les pays occidentaux s’arrogent le droit de définir quel pays est démocratique et quel pays ne l’est pas. En critiquant l’organisation prochaine d’un sommet des démocraties, Sergueï Lavrov a voulu mettre l’Occident devant ses contradictions. Il a ainsi rappelé que bien que les pays occidentaux disent vouloir éviter une fragmentation du monde en blocs opposés, ils sont prompts à mettre en place une initiative qui, de fait, divise le monde «entre les nôtres et les vôtres.»

«L’ordre mondial souhaité par les pays occidentaux se base sur le principe du «deux poids – deux mesures», a-t-il affirmé. Les résolutions prises par l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité de l’ONU ne sont respectées que quand elles servent l’intérêt des pays occidentaux, a-t-il ajouté. Pour illustrer ses propos, il a notamment rappelé la manière dont l’Occident avait arraché «par la force» l’indépendance du Kosovo à la Serbie en 2008, mais s’était opposé à l’intégration de la Crimée au sein de la Fédération de Russie — intégration pourtant validée par un référendum démocratique.

Fidèle à sa ligne diplomatique historique fondée sur la notion de souveraineté absolue, la Russie a de nouveau réitéré son opposition à toute ingérence étrangère dans les affaires intérieures d’une autre nation. C’est ainsi que Sergueï Lavrov a dénoncé l’unilatéralisme des pays occidentaux, donnant pour exemple le maintien «d’embargo commerciaux archaïques» contre Cuba et le Nicaragua. Il a également espéré que les pays occidentaux, et plus particulièrement les Etats-Unis, renoncent à leur habitude de «changer les pays par la force.»

Selon la diplomatie russe, il est temps que la communauté internationale tire les leçons des conséquences dangereuses de la politique visant à «saper les fondements de l’ordre international» mis en place à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Sergueï Lavrov a notamment insisté sur le fait que pour résoudre les problèmes essentiels liés au développement, la communauté internationale «avait besoin d’unité» et non pas «d’une nouvelle scission». 

Source à l’adresse RT France