Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont de retour à Bruxelles

A la suite de sa libération, Carles Puigdemont sera bien présent à la commission du commerce extérieur du Parlement Européen. Il devra toutefois revenir en Italie pour assister à à l’audience judiciaire au sujet de son extradition en Espagne.

Le leader indépendantiste catalan Carles Puigdemont, poursuivi en Espagne pour son rôle dans la tentative de sécession de la Catalogne en 2017, a atterri à Bruxelles le 27 septembre après avoir été brièvement arrêté en Italie, a indiqué à l’AFP son avocat.

«Il est à Bruxelles et retournera en Sardaigne [le 3 octobre]» pour assister le 4 octobre à une audience judiciaire sur son extradition réclamée par l’Espagne, rapporte son avocat Gonzalo Boye dans un message. 

«En arrivant à Bruxelles, un groupe d’Espagnols s’est mis à crier comme des excités, sans doute un peu en colère de voir à quel point leur pays les rend ridicules. Tout le contraire du couple espagnol qui s’est assis à côté de moi sur le vol d’Alghero à Rome. Ils m’ont souhaité bonne chance», a tweeté Carles Puigdemont à son arrivée.

Libéré à condition de revenir en Italie pour assister à son audience d’extradition

Installé en Belgique, où il a fui en 2017 pour échapper aux poursuites de la justice espagnole, l’ex-président régional catalan, âgé de 58 ans, avait été arrêté le soir du 23 septembre à son arrivée à l’aéroport d’Alghero, sur l’île italienne, où il devait participer au festival catalan Adifolk.  Il a été libéré le 24 septembre au soir après s’être engagé à revenir en Sardaigne pour l’audience d’extradition.

Eurodéputé depuis 2019, Carles Puigdemont avait annoncé le 25 septembre devoir rentrer à Bruxelles pour assister à une réunion de la commission du commerce extérieur du Parlement européen, dont il est membre. 

La justice espagnole accuse Carles Puigdemont de «sédition» et de «détournement de fonds publics» pour son rôle dans la tentative de sécession de 2017, l’une des pires crises traversées par l’Espagne depuis la fin de la dictature franquiste en 1975. Malgré l’interdiction prononcée par la justice, son gouvernement régional avait alors organisé un référendum d’autodétermination suivi, quelques semaines plus tard, d’une déclaration d’indépendance, mort-née. Madrid avait réagi en destituant Carles Puigdemont, en mettant la région sous tutelle et en arrêtant les principaux dirigeants du mouvement indépendantiste qui n’avaient pas fui à l’étranger.

En mars 2018, le leader catalan avait déjà été arrêté une première fois à la demande de l’Espagne, en Allemagne cette fois, mais il avait été libéré quelques jours plus tard.

En tant qu’eurodéputé, Carles Puigdemont a bénéficié un temps d’une immunité parlementaire mais le Parlement européen l’a levée le 9 mars à une large majorité. Cette mesure a été confirmée le 30 juillet par le Tribunal de l’Union européenne. La décision du Parlement européen fait cependant l’objet d’un recours dont le jugement définitif sur le fond de la part de la justice de l’UE doit être rendu à une date ultérieure. Ses avocats considèrent donc que la décision du Parlement est «suspendue», tout comme l’application du mandat d’arrêt, et que leur client doit encore bénéficier de son immunité.

Source à l’adresse RT France