Pour le Kremlin, les Pandora Papers montrent que les Etats-Unis sont un «vrai paradis fiscal»

Le porte-parole du Kremlin a souligné que l’enquête montrait que Washington, en dépit de ses annonces, participait activement à l’opacité du système financier mondial. Et il a jugé «infondées» les allégations sur les présumés proches de Poutine.

«La seule chose qui attire vraiment l’attention, ce sont probablement les faits qui
montrent quel Etat est un vrai paradis fiscal [….]. Il s’agit, bien sûr, des Etats-Unis» : interrogé ce 4 octobre sur l’enquête menée par le Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ) baptisée «Pandora Papers», le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a souligné que celle-ci révélait l’implication de Washington dans l’opacité du système financier mondial.

Cette enquête, publiée le 3 octobre, montre en effet que Washington est en passe de devenir l’un des centres financiers offshore les plus importants de la planète. En plus du Delaware, du Nevada ou du Wyoming, un quatrième Etat américain a ainsi été identifié comme se livrant à un commerce d’immatriculation de «trusts» garantissant l’anonymat et permettant aux riches d’échapper au fisc : le Dakota du Sud.

«Cela ne correspond pas du tout aux déclarations concernant la lutte contre la corruption, l’évasion fiscale, le blanchiment d’argent. En réalité, nous constatons que, pour le reste du monde, les Etats-Unis constituent la principale « lacune » fiscale», a poursuivi Dmitri Peskov, en référence aux déclarations du président américain Joe Biden qui avait promis de diriger des efforts internationaux pour rendre le système financier mondial plus transparent.

Les accusations sur des proches présumés de Poutine ? Des «allégations infondées»

Les «Pandora Papers» pointent par ailleurs du doigt plusieurs dirigeants – dont des chefs d’Etat et de gouvernement – qui ont eu recours à des sociétés offshore pour dissimuler leurs avoirs dans des paradis fiscaux. Le chef d’Etat russe n’est pas concerné par ces révélations, mais l’ICIJ cite également plusieurs personnes présumées proche du président russe. Des accusations qui, pour le porte-parole du Kremlin, ne constituent en l’état qu’un «ensemble d’allégations infondées». 

«Vous savez, pour être honnête, on n’a vu [dans les Pandora Papers] aucune richesse cachée dans l’entourage de [Vladimir] Poutine. Je ne sais pas, il me semble qu’on verra d’autres publications à ce sujet, mais jusqu’à présent nous n’avons rien vu de particulier», a déclaré Dmitri Peskov, précisant que le Kremlin connaissait très bien le travail de l’ICIJ : «Nous savons où elle obtient ses informations, et comment elle les obtient.»

«On ne comprend pas en quoi ces informations peuvent être considérées comme fiables. […]. Si nous voyons des publications sérieuses qui se fondent sur quelque chose, qui font référence à quelque chose de précis, alors nous les lirons avec intérêt. Pour l’instant, nous ne voyons aucune raison de le faire», a conclu le porte-parole du Kremlin.

«Pandora Papers» est une enquête collaborative menée par l’ICIJ en partenariat avec 150 médias internationaux, dont Le Monde ou encore le Washington Post. Elle s’appuie sur quelque 11,9 millions de documents provenant de 14 sociétés de services financiers et a mis au jour plus de 29 000 sociétés offshore.

Créé en 1997 par le Centre américain pour l’intégrité publique, l’ICIJ est devenu une entité indépendante en 2017. L’ICIJ s’est fait connaître début avril 2016 avec la publication des «Panama Papers», une enquête appuyée sur quelque 11,5 millions de documents provenant d’un cabinet d’avocats panaméen.

Source à l’adresse RT France