Malgré la polémique, Guy Vallancien reste membre de la commission Bronner

Le professeur Guy Vallancien, qui fut au cœur du scandale du charnier de l’université Paris-Descartes et celui du Mediator, est confirmé comme membre de la commission Bronner. Cette instance est censée lutter contre les fake news et le complotisme.

Le sociologue Gérald Bronner, président de la commission éponyme, a confirmé ce 5 octobre à France Inter que le très critiqué Guy Vallancien restera membre de sa délégation créée dans l’objectif de lutter contre les fake news et les théories du complot. La présence au sein de cette commission de cet urologue et chirurgien a été fortement décriée dès l’annonce de sa composition. L’éminent professeur et membre de l’Académie de médecine Guy Vallancien ayant, entre autres, récemment été blâmé par l’Ordre des médecins pour avoir rédigé un certificat médical «mensonger».

Du charnier Paris-Descartes au Mediator

Ses détracteurs lui reprochent en outre son implication dans deux scandales, notamment celui du dons des corps de l’université Paris-Descartes – dont il a été le directeur pendant dix ans (2004-2014) – qui avait singulièrement choqué l’opinion publique. En cause : jusqu’en 2018, le centre du don des corps de cette université avait, selon les révélations de L’Express et de Radio France, hébergé plusieurs milliers de dépouilles dans des conditions indignes. Ce scandale retentissant avait d’ailleurs hérité d’une appellation explicite : «l’affaire du charnier de Paris-Descartes»

L’Express notait alors le rôle joué par le professeur Guy Vallancien, ancien chargé de mission auprès de plusieurs ministres de la Santé et par sa société anonyme – l’Ecole européenne de chirurgie, créée en 2001 au sein de l’Université. Celle-ci revendait des corps notamment aux industriels pour leurs propres tests, à la manière des crash-tests automobiles. 

Guy Vallancien, 75 ans, a pour sa part dénoncé une «désinformation» le concernant. Il assure notamment que sous sa direction, «plusieurs mesures salutaires ont été décidées et réalisées […] pour assurer aux familles un traitement plus respectueux des dernières volontés de leurs proches».

Guy Vallancien est aussi accusé par Irène Frachon, la lanceuse d’alerte dans l’affaire du Mediator, d’avoir été l’un des «fers de lance d’une nébuleuse de médecins de haut rang qui, depuis des années et sans vergogne, tentent de discréditer, minimiser, voire nier la gravité du drame humain causé par le Mediator». Si Vallancien estime que la question faisait débat, Irène Frachon, contactée par France Inter, rétorque que «c’est une esquive rhétorique qui est propre à la logique du négationnisme». «Il fait diversion : ça a marché auprès de la commission, et c’est malheureusement très inquiétant», déplore-t-elle.

Guy Vallancien restera donc membre de la commission Bronner, après l’avoir «longuement entendu» sur ces questions polémiques, a expliqué Gérald Bronner. Le 3 octobre, le sociologue qui a la confiance d’Emmanuel Macron, avait annoncé cette audition, tout en dénonçant «des esprits malveillants qui radiographient chacun des membres, et trouvent un certain nombre de choses».

Source à l’adresse RT France