Russie : le Soyouz MS-19 décolle avec l’équipe du premier film tourné dans l’espace (VIDEO)

Une actrice et un réalisateur, accompagnés d’un cosmonaute, s’envolent pour rejoindre la Station spatiale internationale (ISS). Ils tourneront «Le Défi», le premier long-métrage tourné en orbite de l’Histoire.

Ce 5 septembre, la Russie envoie dans l’espace l’actrice Ioulia Peressild (37 ans) et le réalisateur Klim Chipenko (38 ans), qui y tourneront le premier long-métrage en orbite de l’Histoire : «Le Défi».

Ils s’envolent à 10h55 (heure de Paris) du cosmodrome russe de Baïkonour, au Kazakhstan, accompagnés du cosmonaute Anton Chkaplerov.

L’équipe russe disposera de 12 jours pour tourner les scènes de ce film, qui raconte l’histoire d’un médecin tentant de sauver un cosmonaute.

Le projet est préparé conjointement par la chaîne Pervy Kanal, l’agence Roscosmos et la société de production Yellow, Black and White. Le film fait partie d’«un grand projet scientifique et pédagogique» qui comprendra également une série de documentaires sur les entreprises du secteur spatial et sur les spécialistes qui contribuent à la construction des fusées-porteuses, des vaisseaux spatiaux mais aussi des infrastructures spatiales au sol, selon l’agence spatiale russe.

Science, communication et business : bienvenue à bord de l’ISS

Comme le soulignait le journaliste de RT France Fabien Rives dans un article sur le sujet publié en mai, l’ISS constitue un élément de communication de poids concernant les progrès de l’humanité dans le domaine spatial. En effet, l’envoi d’astronautes/cosmonautes (désignation qui varie selon les pays) à bord de l’ISS s’accompagne d’importantes campagnes de communication, comme en témoigne par exemple en France le récent phénomène Thomas Pesquet.

Par ailleurs, en plus des missions qui sont réalisées sur place, ce n’est pas la première fois qu’on entend parler de projets culturels à bord de l’ISS destinés au grand public : les récentes annonces russes en ce sens rappellent par exemple l’ambition américaine de réaliser à bord de la station un film avec l’acteur Tom Cruise.

«La NASA est ravie de travailler avec Tom Cruise sur un film à bord de l’ISS ! Nous avons besoin des médias populaires pour inspirer une nouvelle génération d’ingénieurs et de scientifiques afin de faire des plans ambitieux de la Nasa une réalité», déclarait en effet l’ex-patron de l’agence spatiale américaine en mai 2020.

Ces projets comportent aussi une dimension financière significative puisqu’ils représentent une importante source de revenus, liée à l’envoi d’humains sur la station. S’il a été marqué par une décennie de monopole russe avec l’utilisation de fusées et capsules Soyouz, le trajet vers et depuis l’ISS est désormais réalisable avec SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk qui a déjà décroché de juteux contrats de part et d’autre de l’Atlantique. Pour un ordre de grandeur, le prix de tels voyages s’élève à plusieurs dizaines de millions d’euros, et ce, qu’ils soient effectués avec des fusées russes ou américaines. La dimension financière est plus que jamais d’actualité au regard des chamboulements budgétaires qui planent sur l’ISS.

Alors que l’exploitation de la station absorbe chaque année un total de plusieurs milliards de dollars, dépensés par les parties prenantes au détriment d’autres projets spatiaux, chacun propose des solutions, qui penchent progressivement vers une privatisation de la station. En 2018, Washington annonçait par exemple son ambition de mettre fin au soutien fédéral direct pour l’ISS, afin d’y privilégier les investissements privés. Côté russe, plusieurs annonces ont laissé entendre un éventuel retrait du pays dans les programmes de la station, à partir de 2025.

Source à l’adresse RT France