Xi Jinping assure que la réunification de Taïwan et de la Chine se fera «par des moyens pacifiques»

Dans son discours célébrant le 110e anniversaire de la révolution chinoise de 1911, Xi Jinping a déclaré que la réunification de la Chine et de Taïwan était inéluctable, avertissant que Pékin ne tolérerait aucune ingérence étrangère.

«Réaliser la réunification de la patrie par des moyens pacifiques est dans l’intérêt général de la nation chinoise, y compris des compatriotes de Taïwan» : le président chinois  Xi Jinping, qui s’exprimait à l’occasion des commémorations du 110e anniversaire de la révolution de 1911 ce 9 octobre, a renouvelé son souhait de voir Taïwan et la Chine réunifiées.

L’île de Taïwan, qui jouit d’un système démocratique, est dirigée par un pouvoir qui lui est propre depuis la victoire des communistes sur le continent en 1949. La Chine considère ce territoire comme une de ses provinces.

Xi Jinping, qui avait ces derniers mois averti que Pékin n’hésiterait pas à recourir à la force contre Taïwan et qui, en juillet dernier, avait promis de «briser» toute tentative formelle d’indépendance de l’île, a donc adouci le ton dans ce discours prononcé dans l’immense Palais du peuple.

«La réunification de notre pays peut être réalisée et le sera», a poursuivi Xi Jinping, avant de mettre en garde contre toute ingérence étrangère. «La question de Taïwan est une affaire purement interne à la Chine», a-t-il martelé, alors que Washington a reconnu le 8 octobre entraîner discrètement l’armée taïwanaise depuis des mois. Washington entretient en effet des relations officieuses avec Taipei et fournit des armes à l’île, bien qu’il reconnaisse Pékin comme la seule autorité légitime en Chine depuis 1979.

«Nul ne doit sous-estimer la forte détermination […] du peuple chinois à défendre la souveraineté nationale et l’intégrité territoriale», a averti Xi Jinping.

La commémoration de la révolution est l’un des rares événements à unir la Chine et Taïwan. En dépit de leur rivalité politique et historique, Pékin et Taipei tirent leur légitimité de la révolution de 1911. Commémoré le 9 octobre en Chine communiste, l’anniversaire de la révolution de 1911 sera également célébré le lendemain à Taïwan où Sun Yat-sen, le premier et éphémère président chinois, fait figure de père de la nation.

La dirigeante de l’île, Tsai Ing-wen, connue pour ses velléités indépendantistes, doit également prononcer un discours le 10 octobre à cette occasion. «Le séparatisme indépendantiste de Taïwan est le plus grand obstacle à la réunification de la patrie et le plus grave danger caché pour le renouveau national», a déclaré Xi Jinping à ce titre.

«Ceux qui trahissent la patrie et divisent le pays ne finissent jamais bien», a lancé Xi Jinping en direction des indépendantistes taïwanais.

Taïwan se considère comme un Etat souverain

Le bureau de la présidente taïwanaise, Tsai Ing-wen, a réagi aux propos de Xi Jinping en rétorquant que l’île se considérait comme un Etat souverain et indépendant. «L’avenir de la nation repose entre les mains du peuple taïwanais», a-t-il souligné.

Le Conseil des affaires continentales de Taïwan, qui gère les relations de l’île avec Pékin, a également répliqué en exhortant la Chine à «abandonner ses intrusions provocatrices et ses mesures de harcèlement et de destruction» et à revenir à la table des négociations.

Les tensions sont devenues vives entre Taipei et Pékin, alors que des avions de combat chinois ont effectué près de 150 intrusions dans la zone de défense aérienne de Taïwan depuis le début du mois d’octobre. Cependant, ces vols ont cessé ces derniers jours.

Source à l’adresse RT France