Non-lieu dans l’affaire opposant Alexeï Navalny à Yves Rocher

La groupe Yves Rocher était visé par une plainte pour «dénonciation calomnieuse» déposée par l’activiste russe Alexeï Navalny et son frère, à propos d’une affaire de détournement de fonds. La justice française a conclu à un non-lieu.

La juge d’instruction a rendu une ordonnance de non-lieu dans l’enquête pour «dénonciation calomnieuse» visant le géant des cosmétiques Yves Rocher, à la suite d’une plainte déposée par le militant russe Alexeï Navalny et son frère Oleg. «Je vous confirme l’ordonnance de non-lieu, sur réquisition conforme du parquet, notifiée et rendue le 11 octobre», a déclaré ce 15 octobre à l’AFP Maxime Antier, procureur de la République de Vannes (Morbihan), confirmant une information du magazine Challenges.

L’information judiciaire avait été ouverte par le parquet de Vannes en février 2019 à la suite d’une plainte avec constitution de partie civile déposée par les frères Navalny contre le groupe français.

Interrogés par l’AFP, les avocats d’Alexeï et Oleg Navalny, William Bourdon et Amélie Lefebvre, ont fait savoir qu’ils envisageaient de faire appel, regrettant une «frilosité des juges d’instruction dans ce dossier».

Navalny condamné en Russie pour détournement de fonds

Le groupe français affirme avoir a été convoqué en 2012 par les autorités russes dans le cadre d’une enquête visant l’entreprise Glavpodpiska, dont les frères Navalny sont actionnaires et, dans ce cadre, avoir «découvert plusieurs indices concordants et importants rendant vraisemblable l’existence d’une escroquerie». Partant, la filiale russe d’Yves Rocher, Yves Rocher-Vostok, a déposé une plainte contre X pour avoir accès au dossier. En février 2013, l’avocat d’Yves Rocher déclare dans une lettre adressée à la justice russe que les prix pratiqués par l’entreprise des frères Navalny étaient ceux «du marché», laissant entendre que l’entreprise n’aurait donc pas subi de préjudice. Pour autant, Yves Rocher n’a pas retiré sa plainte.

Alexeï Navalny a finalement été jugé coupable en Russie pour le détournement de 26 millions de roubles au détriment de Yves Rocher-Vostok et a été condamné, en décembre 2014, à trois ans et demi de prison avec sursis. Son frère Oleg s’est vu infliger la même peine, mais ferme.

La justice russe a transformé le 2 février 2021 en peine de prison ferme la peine avec sursis d’Alexeï Navalny, en raison des violations multiples des conditions du contrôle judiciaire exigé par celle-ci. En effet, Navalny ne s’était pas présenté à l’enregistrement auprès de l’inspection pénitentiaire à au moins six reprises au cours de l’année 2020 : le 13 janvier, le 27 janvier, le 3 février, le 16 mars, le 6 juillet et le 17 août.

Source à l’adresse RT France