Sommet diplomatique sur l’Afghanistan à Moscou en présence d’une délégation talibane

Des délégations de Chine, du Pakistan ou encore des Taliban sont attendues à Moscou ce 20 octobre pour des pourparlers sur l’état politique et sécuritaire de l’Afghanistan. Washington a de son côté déclaré ne pas pouvoir y prendre part.

Depuis 2017, la Russie organise des pourparlers diplomatiques sur la situation en Afghanistan au format dit «de Moscou», réunissant les envoyés des puissances de la région : outre le pays concerné et l’Etat hôte, la Chine, l’Inde, l’Iran et le Pakistan y prennent part. Or ce 20 octobre 2021, le sommet qui se tient à Moscou dans ce format aura une importance singulière : il sera l’occasion pour une délégation des Taliban, les nouveaux maîtres de l’Afghanistan depuis mi-août, de s’asseoir à la table des négociations. 

Les Etats-Unis, invités, ont annoncé qu’ils ne participeraient pas au sommet, le porte-parole de la diplomatie américaine Ned Price invoquant des difficultés logistiques. «Nous serons heureux de participer à ce forum à l’avenir, mais nous ne pouvons y prendre part cette semaine», a-t-il déclaré, précisant que ces rencontres avaient «été efficaces dans le passé».

Crise humanitaire se profilant

Ces pourpiers porteront de la situation politique et militaire du pays et sur les efforts de la communauté internationale pour prévenir une crise humanitaire dans le pays, selon un communiqué du ministère russe des Affaires étrangères.

Car l’Afghanistan, dont les forces militaires américaines se sont retirées dans la précipitation cet été, est encore loin de connaître stabilité : selon l’AFP, le pays reste économiquement paralysée en raison du gel, depuis le retour des Taliban au pouvoir, de tous les avoirs du pays et des aides internationales, qui maintiennent le pays sous perfusion. Un tiers de la population afghane serait menacée de famine, selon les Nations unies.

Sur le plan sécuritaire, la branche locale de Daesh, l’Etat islamique – Khorasan (EI-K), a revendiqué une série d’attentats destinés à déstabiliser «l’émirat» proclamé par les Taliban. 

Enfin, sur le plan politique, le gouvernement formé début septembre par les Taliban n’est reconnu par aucun Etat à ce jour. Des grandes puissances parmi lesquelles la Russie et les Etats-Unis plaident pour la formation d’un gouvernement ouvert aux différents pans de la société afghane et attendent des efforts du groupe islamiste en ce sens. 

Source à l’adresse RT France