«Pandora Papers» : une enquête ouverte contre le président équatorien Guillermo Lasso

Accusé de fraude fiscale, le chef de l’Etat aurait détenu 14 sociétés offshore, fermées après l’adoption en 2017 par l’ex-président Rafael Correa d’une loi interdisant aux candidats à la présidence de posséder des sociétés dans des paradis fiscaux.

Le parquet équatorien a ouvert une «enquête préliminaire» pour délit présumé de fraude fiscale contre le président Guillermo Lasso, mis en cause dans les «Pandora Papers», a annoncé le 21 octobre le bureau du procureur général.

L’enquête fait suite à une plainte déposée auprès du parquet par le leader indigène et opposant Yaku Perez, ancien candidat à la présidence du mouvement Pachakutik (gauche).

Guillermo Lasso «répondra» à cette enquête ouverte par le parquet, a réagi le 22 octobre le service de communication de la présidence. Le chef de l’Etat «respecte les actions de tous les organes judiciaires de l’Etat, il répondra donc aux organes concernés pour réaffirmer le respect de la loi», selon un communiqué de ce service.

D’après les «Pandora Papers», enquête du Consortium international des journalistes d’investigation (ICIJ), Guillermo Lasso contrôlait 14 sociétés offshore – la plupart basées au Panama –, fermées après l’adoption par l’ancien président Rafael Correa (2007-2017) d’une loi interdisant aux candidats à la présidence de posséder des sociétés dans des paradis fiscaux.

Le gouvernement équatorien dénonce une enquête parlementaire à charge

Guillermo Lasso a refusé de témoigner le 20 octobre devant une commission parlementaire chargée d’enquêter sur cette affaire, provoquant une deuxième demande de cette commission pour qu’il comparaisse le 22 octobre de «manière obligatoire». Dans une lettre publiée le même jour, il s’est dit prêt à recevoir les membres de cette commission à la présidence, quand elle aura achevé toutes ses auditions.

Ancien banquier de 65 ans, Guillermo Lasso assure qu’il avait des «investissements légitimes dans d’autres pays», dont il s’est débarrassé afin d’être candidat aux élections de 2021, qu’il a remportées. Son gouvernement estime que l’enquête parlementaire en cours est une enquête à charge, tentative de l’Assemblée dominée par l’opposition pour aboutir à une procédure de destitution contre le chef de l’Etat. Celui-ci est par ailleurs sous forte pression politique, avec un mouvement de protestation sociale contre la hausse des prix des carburants, mené notamment par les indigènes.

Source à l’adresse RT France