Sécurité européenne : «L’OTAN n’est pas prête au dialogue sur un pied d’égalité», selon Moscou

En réponse à son homologue allemande qui plaide pour le déploiement d’armes nucléaires face à la «menace russe» en mer Baltique et en mer Noire, Sergueï Choïgou a fustigé le refus de l’OTAN de s’engager dans un dialogue pour la sécurité européenne.

Le ministre russe de la Défense Sergueï Choïgou a accusé l’OTAN de refuser de discuter équitablement de la sécurité européenne avec Moscou, comme l’a rapporté l’agence de presse Interfax le 23 octobre.

«C’est l’OTAN qui n’est pas prête pour un dialogue sur un pied d’égalité à ce sujet», a déploré le ministre russe. «Dans le contexte des appels à la dissuasion militaire de la Russie, les forces de l’OTAN se rapprochent de nos frontières», a pour sa part accusé Sergueï Choïgou.

Le ministre russe de la Défense répondait ainsi à son homologue allemande Annegret Kramp-Karrenbauer qui avait notamment plaidé cette semaine à la radio Deutschlandfunk pour le déploiement d’armes nucléaires au-dessus de la Lettonie, de la Lituanie et de l’Estonie pour dissuader la Russie dans les régions de la mer Baltique et de la mer Noire et ainsi protéger les pays de l’Alliance atlantique de la «menace russe».

«Nous devons dire très clairement à la Russie que nous sommes prêts à utiliser de telles mesures également, afin que cela ait un effet dissuasif rapide. Cela est adapté au comportement actuel de la Russie», avait-elle insisté.

«La ministre allemande de la Défense devrait [pourtant] bien savoir comment cela s’est terminé par le passé pour l’Allemagne et l’Europe», a rétorqué Sergueï Choïgou dans une référence apparente à la Seconde Guerre mondiale. «De plus, le plan de l’OTAN sur la « dissuasion » en Afghanistan s’est soldé par la catastrophe à laquelle le monde entier fait face aujourd’hui», a souligné le ministre russe en allusion au retrait chaotique opéré par les pays de l’organisation fin août et la prise de pouvoir des Taliban à Kaboul.

Si l’OTAN réfute toute volonté de menacer militairement la Russie, de nombreux incidents impliquant des avions de pays membres de l’Alliance ont été enregistrés. Le 19 octobre, deux chasseurs Sukhoï-30 de l’aviation russe sont intervenus après avoir détecté une menace à proximité de la frontière russe au-dessus de la mer Noire. Comme le rapporte le ministère russe de la Défense dans un communiqué, les deux avions russes «ont identifié les cibles aériennes comme étant deux bombardiers stratégiques supersoniques B-1B de l’US Air force, accompagnés par deux ravitailleurs KC-135».

Le 8 juillet dernier, le ministère russe de la Défense a rapporté qu’un chasseur russe Su-27 avait escorté un avion de reconnaissance Atlantique 2 de l’armée française au-dessus de la mer Baltique. Selon Moscou, l’appareil s’approchait de la frontière russe.

Source à l’adresse RT France