Mort de Zineb Redouane : pas de sanction administrative pour le CRS mis en cause

Le CRS mis en cause dans l’affaire Zineb Redouane, personne âgée décédée fin 2018 à Marseille après avoir été touchée au visage par une grenade lacrymogène, ne sera pas renvoyé en conseil de discipline, sur décision du patron de la police nationale.

Ainsi que l’a rapporté l’AFP le 30 octobre, le directeur général de la police nationale (DGPN) Frédéric Veaux a décidé de ne pas suivre l’avis de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) qui préconisait, dans les conclusions de son enquête administrative, un renvoi devant le conseil de discipline du CRS mis en cause dans l’affaire Zineb Redouane. 

Dans son rapport transmis le 20 mai, l’IGPN a estimé que le CRS avait bien réalisé un tir réglementaire sans viser délibérément la victime mais avait manqué à «l’obligation de discernement par une action manifestement inadaptée», selon une source proche du dossier citée par l’AFP. 

Le lance-grenades du CRS avait une portée de 100 mètres tandis que l’immeuble de Zineb Redouane se situait à une trentaine de mètres.

Deux policiers «très bien notés»

Le DGPN, qui a statué en juillet, a tenu compte dans sa décision de la «fatigue», du «manque de visibilité», de la «tension» et de la «nécessité légalement établie de tirer», mentionnés dans le rapport IGPN, pour dispenser le CRS d’une sanction disciplinaire, selon la même source. 

Le policier qui supervisait le CRS au moment du tir, pour lequel l’IGPN recommandait aussi un passage en conseil de discipline, y échappe également.

Les deux fonctionnaires, «très bien notés» selon la source, vont devoir effectuer «un stage» pour se faire «rappeler les consignes en vigueur sur l’emploi des moyens de défense». 

L’enquête administrative a été versée à l’information judiciaire, dépaysée à Lyon et toujours en cours. La justice n’a communiqué sur aucune éventuelle mise en examen jusqu’à présent.

Zineb Redouane, 80 ans, est décédée le 2 décembre 2018 à l’hôpital, 24 heures après avoir été touchée de plein fouet par une grenade lacrymogène tirée par la police, tandis qu’elle fermait une fenêtre de son appartement dans le centre-ville, où des manifestations se déroulaient.

Un rapport d’expertise remis en mai 2020 dans le cadre de l’information judiciaire avait conclu que le tir policier avait été effectué dans les règles, en cloche, et avait atteint la victime accidentellement.

Une contre-expertise indépendante, publiée fin 2020, avait conclu au contraire à un tir tendu, pratique interdite face à un immeuble d’habitation.

Source à l’adresse RT France