Erdogan affirme que la création d’une armée européenne est «un projet irréalisable»

Le chef de l’Etat turc a balayé l’hypothèse d’une force militaire commune aux pays de l’Union européenne, revenue dans le débat à la suite de la débâcle occidentale en Afghanistan. Les Etats membres de l’UE se réuniront à ce sujet le 16 novembre.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a estimé le 31 octobre que la création d’une armée européenne unie était «un projet irréalisable», selon l’agence de presse Anadolu. «Je ne crois pas que l’Union européenne aille créer sa propre armée», a affirmé le chef d’Etat à des journalistes, après une rencontre avec son homologue américain Joe Biden à Rome dans le cadre du sommet du G20.

Le débat sur la possible création d’une force armée commune aux pays de l’Union européenne a ressurgi en septembre, à la suite de la crise en Afghanistan. Les soldats des pays de l’UE présents dans le pays ont été dans l’obligation de quitter le territoire en même temps que l’armée américaine, car dépendantes de la logistique et de l’appui aérien des États-Unis dans le cadre des interventions de l’OTAN.

Une réunion des Etats membres de l’UE à Bruxelles le 16 novembre

«Le retrait occidental d’Afghanistan a été chaotique, mais il s’agit très probablement d’un catalyseur pour que les pays de l’Union européenne développent leurs défenses communes et disposent des capacités militaires suffisantes. […] L’Afghanistan a démontré que nos retards en matière d’autonomie stratégique ont un coût et que la seule manière de progresser est de combiner nos forces et de renforcer non seulement nos capacités, mais aussi notre volonté d’agir», avait déclaré le 2 septembre le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell, à l’issue d’une réunion des ministres de la Défense de l’UE sur la création d’une force de réaction rapide européenne.

Une nouvelle réunion est prévue à Bruxelles le 16 novembre pour essayer de faire avancer le sujet. Josep Borrell espère obtenir le feu vert des États membres pour la mise sur pied d’une force de 5 000 hommes. L’Allemagne a néanmoins émis des réserves et la Suède s’y oppose pour le moment. «Soit ce sera le chacun pour soi et le retour à l’idée que la compétence en matière de sécurité et de défense ne revient qu’aux Etats. Soit nous évaluons en commun les menaces et nous nous organisons pour y faire face ensemble», a expliqué le membre de la Commission européenne le 17 septembre dans Le Monde.

Pour Recep Tayyip Erdogan, qui ne croit pas à ce projet militaire, c’est donc le premier scénario qui devrait s’imposer. Au cours de sa conférence de presse à Rome le 31 octobre, le président turc a par ailleurs assuré que son pays mettait tout en œuvre pour lutter contre une nouvelle vague d’immigration en provenance d’Afghanistan et n’avait pas l’intention d’ouvrir ses frontières, toujours selon l’agence turc Anadolu.

Source à l’adresse RT France