Licences de pêche : le Royaume-Uni appelle la France à retirer ses menaces sous 48h

Liz Truss, ministre des Affaires étrangères britannique, a exigé que Paris retire ses menaces et trouve une solution sous 48h, faute de quoi Londres enclenchera le mécanisme de règlement des différends pour faire respecter les accords du Brexit.

La ministre des Affaires étrangères britannique, Liz Truss, a appelé le 1er novembre le gouvernement français à retirer ses menaces de sanctions dans le litige sur les licences de pêche post-Brexit qui envenime les relations entre Paris et Londres.

Faute d’avancée d’ici au 2 novembre, Paris menace d’appliquer l’interdiction aux navires de pêche britanniques de débarquer leur cargaison dans les ports français et le renforcement des contrôles douaniers de camions.

«Les Français ont fait des menaces complètement déraisonnables, y compris contre les îles anglo-normandes et notre industrie de la pêche et ils doivent retirer ces menaces», a déclaré Liz Truss sur SkyNews. Faute de solution «dans les 48 heures», le chef de la diplomatie a précisé que le gouvernement britannique s’appuierait sur le mécanisme de règlement des différends dans le cadre de l’accord commercial post-Brexit pour demander des «mesures compensatoires».

Les discussions diplomatiques entre la France et le Royaume-Uni dans l’impasse

En vertu de l’accord de Brexit, les pêcheurs européens peuvent continuer à travailler dans certaines eaux britanniques à condition de pouvoir prouver qu’ils y pêchaient auparavant mais Français et Britanniques se disputent sur la nature et l’ampleur des justificatifs à fournir. Paris et Londres estiment être dans leur bon droit et le président français Emmanuel Macron a déclaré le 31 octobre que la «balle était dans le camp des Britanniques».

Pris dans cette dispute entre les deux pays, Ian Gorst, ministre des Relations extérieures de l’île anglo-normande de Jersey, a appelé sur Sky News à «arrêter toutes ces bêtises et s’occuper des problèmes techniques» permettant de délivrer les licences de pêche.

Un autre sujet de tension post-Brexit persiste concernant l’Irlande du Nord. Londres exige la renégociation des mesures douanières spécifiques à la province britannique mais les négociations, qui reprennent cette semaine à Bruxelles, restent dans l’impasse. Dans le quotidien The Telegraph, le vice-président de la Commission européenne, Maros Sefcovic s’est dit «de plus en plus inquiet que le gouvernement britannique s’engage sur la voie de la confrontation».

Destiné à la fois à protéger le marché européen et à empêcher le rétablissement d’une frontière physique sur l’île d’Irlande qui risquerait de fragiliser la paix, le protocole nord-irlandais maintient de fait l’Irlande du Nord dans l’union douanière et le marché unique européen. Or  il est dénoncé par Londres et les unionistes nord-irlandais, attachés au maintien de l’Irlande du Nord au sein du Royaume-Uni. Ils l’accusent de perturber les échanges entre la province et la Grande-Bretagne, séparées par la mer. 

Le secrétaire d’État britannique chargé du Brexit, David Frost, a estimé que l’Union européenne se montrait «sans égard envers les énormes sensibilités politiques, économiques et identitaires» en Irlande du Nord.

Source à l’adresse RT France