Vaccination anti-Covid : la participation de Djokovic à l’Open d’Australie incertaine

Refusant de révéler son statut vaccinal, le numéro un mondial Novak Djokovic ne sait toujours pas s’il pourra participer au tournoi du Grand Chelem australien début 2022, pour lequel l’obligation vaccinale devrait être de vigueur.

En quête d’un 21e titre du Grand Chelem qui le hisserait au sommet de son sport et le ferait rentrer une nouvelle fois dans l’histoire, le tennisman serbe Novak Djokovic fait face à un obstacle de taille, contre lequel ni son mental d’acier ni ses qualités physiques ne pourront rien.

Le numéro un mondial ne sait en effet toujours pas s’il pourra participer à l’Open d’Australie à Melbourne début 2022, un de ses tournois fétiches qu’il a remporté à neuf reprises. En cause, l’obligation vaccinale en vigueur pour prendre part à des événements publics, et dont les sportifs ne sont pas exemptés. Or Novak Djokovic, qui n’a jamais caché ses doutes sur le vaccin, refuse de révéler son statut vaccinal. «Je ne vous dirai pas si j’ai été vacciné ou non. Il s’agit d’une affaire privée […] C’est une question insensée», confiait-il à la presse le 18 octobre.

«Je vais décider si je vais en Australie ou non après avoir vu la déclaration officielle de Tennis Australia [la fédération australienne de tennis]», a ainsi déclaré le 31 octobre le joueur serbe qui se prépare actuellement pour le Masters de Paris. «Pour l’instant, nous n’avons pas d’annonce ou de déclaration officielle. Donc jusqu’à ce qu’elle soit publiée, je ne parlerai plus de ça, parce que je ne veux pas participer aux suppositions et aux « et si »», a-t-il ajouté. 

«Quand les conditions officielles requises pour voyager et jouer en Australie seront connues, alors évidemment je verrai ce que je fais personnellement avec ça, et aussi avec le plus grand groupe de joueurs, vous savez, parce que la situation est évidemment différente en Australie par rapport à la plupart des régions du monde», a-t-il encore souligné. 

Du côté des autorités australiennes, qui ont mis en place des mesures restrictives parmi les plus sévères au monde, les déclarations ont laissé transparaître une certaine ambiguïté. Un mail envoyé par la WTA (l’instance du tennis féminin) aux joueuses, puis une déclaration du Premier ministre australien Scott Morrison récemment laissé entendre que les joueurs et joueuses non vaccinés pourraient bénéficier d’une dérogation, mais uniquement avec l’accord de l’Etat de Victoria, où se situe Melbourne.

Mais le Premier ministre de l’Etat Daniel Andrews semble avoir douché les espoirs des joueurs non vaccinés le 27 octobre : «Nous excluons les personnes non vaccinées des pubs, des cafés, des restaurants et du MCG (Melbourne Cricket Ground) et de toutes sortes d’autres événements. Nous ne demanderons pas d’exemption.»

Djokovic pas isolé parmi les tennismans

Le joueur serbe de 34 ans, qui pourrait donc être contraint de faire une croix sur une occasion en or de dépasser en nombre de titres du Grand Chelem ses rivaux Rafael Nadal et Roger Federer (20 titres chacun), n’est toutefois pas le seul dans cette situation. Le Russe Daniil Medvedev, son dauphin au classement ATP – et récent lauréat de l’US Open où il a battu le Serbe en finale – refuse également de dire s’il est vacciné et ne sait donc pas s’il pourra se rendre à Melbourne. «Je suis prêt à jouer en Australie, mais je ne dirai pas si vous me verrez là-bas en janvier», a-t-il confié le 31 octobre en conférence de presse. 

«Je suis très déçu par la société en ce moment et par la façon dont les médias mettent la pression sur tous les gens», expliquait-il fin octobre pour justifier son choix de ne pas révéler son statut vaccinal, dénonçant par ailleurs les discriminations subies par les personnes non vaccinées. 

Au-delà de ces considérations, c’est évidemment la balance bénéfice-risque qui est au cœur de la réflexion de certains sportifs de haut niveau, pour qui le Covid présente, selon certains d’entre eux, peu de risque, alors que les effets secondaires du vaccin peuvent mettre leur saison en péril. Dans le monde du tennis, l’exemple de Jeremy Chardy, qui a annoncé suspendre sa saison en raison de réactions au vaccin contre le Covid-19, n’est probablement pas passé inaperçu. 

Mais la pression est parfois trop forte. Réticent à se faire vacciner, le Grec Stefanos Tsitsipas a finalement fait savoir qu’il s’y soumettrait «pour pouvoir aller dans les magasins ou les restaurants», après avoir été publiquement critiqué par le gouvernement. Plus récemment, c’est l’Autrichien Dominic Thiem qui s’est fait sermonner par le ministre de la Santé de son pays, après avoir expliqué vouloir attendre le vaccin de la société pharmaceutique américaine Novavax, qui ne s’appuie pas sur la technologie de l’ARN messager. Dominic Thiem a fait savoir qu’il opterait pour un des vaccins déjà approuvés s’il n’avait pas d’autre choix.

Source à l’adresse RT France