En 2021 la SNCF sera encore dans le rouge mais son patron se passera de l’aide de l’Etat

Après trois milliards d’euros de pertes en 2020 à cause des effets de la crise sanitaire, la SNCF sera encore dans le rouge en 2021. Mais son PDG ne demandera pas d’aide de l’Etat et compte entre autres sur un plan d’économies.

«Je crains que nous ne soyons encore en pertes cette année en raison du troisième confinement», annonce le PDG de la SNCF Jean-Pierre Farandou, dans une interview accordée au Figaro et publiée le 1er novembre. «A ce stade, je ne demande pas de l’aide à l’Etat. On va emprunter l’équivalent de notre déficit pour faire face aux dépenses courantes», ajoute-t-il.

L’an dernier, le groupe public avait bénéficié directement d’une recapitalisation d’un montant de quatre milliards d’euros apportés par l’Etat et destinée au réseau. Dans cette interview le dirigeant révèle que la SNCF a encore perdu 780 millions d’euros au premier semestre 2021, après en avoir perdu trois milliards en 2020, mais affirme que l’entreprise est «en situation de rebond». 

«Notre logisticien Geodis fait partie des gagnants de la crise sanitaire. Quand le poumon du TGV est un peu enrhumé, le poumon de la logistique fonctionne bien et ça fait respirer le groupe. Cela nous a permis d’amortir l’effet de la crise», explique aussi Jean-Pierre Farandou.

«Pour nous désendetter, nous avons très bien vendu Ermewa, un loueur de wagons de fret, qui n’était pas un actif stratégique», relève aussi le président de la SNCF. Selon l’AFP, cette cession finalisée le 22 octobre, va se traduire par un désendettement net d’environ 3,2 milliards d’euros pour la SNCF.

Le patron de la SNCF assure qu’aucune autre cession n’est envisagée et confirme par ailleurs l’objectif d’équilibre financier en 2022, convenu avec l’Etat lors de la réforme ferroviaire de 2018. «On sera à l’équilibre l’année prochaine. Pour y arriver, nous travaillons à développer le chiffre d’affaires. On ne sera pas très loin de revenir en 2022 au niveau d’avant le Covid», affirme-t-il.

Le président annonce aussi un plan d’économies avec le report de «certains investissements dans le matériel roulant ou l’informatique», ainsi qu’une réduction du nombre d’employés de «1,5% à 2% en ne remplaçant pas tous les départs à la retraite». 

S’il reconnaît que l’arrivée de la concurrence est «un choc», Jean-Pierre Farandou considère que son principal concurrent est «la route», et se fixe comme objectif de doubler la part du rail dans les transports en dix ans. Selon lui, la SNCF transportera plus de passagers si le marché grandit, même si elle perd des parts de marché.

Source à l’adresse RT France