Mise en examen pour escroquerie de Bastien Lachaud : «Accusation absurde» pour La France insoumise

La poursuite de l’enquête sur les comptes de campagne de LFI en 2017 a provoqué la mise en examen de l’un de ses parlementaires, Bastien Lachaud. Le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pointe le calendrier et dénonce une décision qualifiée d’«infondée».

L’enquête sur les comptes de campagne de La France insoumise (LFI) de la présidentielle de 2017 semble s’accélérer, affirme l’AFP, qui a rendu publique le 4 novembre la décision de mise en examen du député Bastien Lachaud. L’élu de Saint-Denis a été mis en examen principalement pour «prêt illicite de main-d’œuvre, faux, escroquerie et tentative d’escroquerie», d’après des sources judiciaires et proches du dossier, contactées par l’agence de presse.

Une enquête vide, maintenue artificiellement en vie

Cette action judiciaire est «absolument infondée et frise l’absurde», a pour sa part réagi LFI dans un communiqué publié sur son site internet, ajoutant que les accusations «témoignent d’une enquête vide, maintenue artificiellement en vie».

«Ce calendrier ne doit rien au hasard : cette mise en examen intervient à cinq mois de l’élection présidentielle de 2022 alors que le démarrage de l’enquête date d’il y a plus de 36 mois», se scandalise en outre le mouvement mené par Jean-Luc Mélenchon, candidat pour 2022. La LFI rappelle d’ailleurs que cette décision «est rendue publique au moment où des révélations du journal Mediapart évoquent l’intervention de Brigitte Macron dans le cadre de l’enquête visant Mimi Marchand et Nicolas Sarkozy».

«Nous ne sommes pas dupes de cette tentative de diversion», écrit l’organisation politique. Selon elle, la procédure aurait pour principal «objectif de nuire à la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon».

Au printemps, les premières poursuites étaient intervenues dans cette information judiciaire ouverte en novembre 2018 sur l’usage des fonds publics lors de la campagne électorale de Jean-Luc Mélenchon : l’association l’Ere du peuple, prestataire au service du candidat, et sa mandataire financière, avaient été mis en examen respectivement le 29 mars et le 29 avril, mais seulement pour «prêt illicite de main-d’œuvre».

Vers une requête en nullité

Bastien Lachaud, salarié en tant que trésorier de l’Ere du peuple, aurait dû être, comme trois autres employés, dont la députée Mathilde Panot, rémunéré par la campagne du candidat ou le parti, estime le magistrat financier qui instruit le dossier.

Mais pour La France insoumise, Bastien Lachaud «n’était pas le dirigeant de l’association, mais employé en CDI». «N’importe quel juriste ou avocat expliquera qu’un employé ne peut pas être rendu coupable d’une telle faute puisqu’il est censé en être la victime. Sur cette base, l’avocat de Bastien Lachaud déposera une requête en nullité dans les prochains jours», poursuit LFI.

Le parti politique explique par ailleurs que «pour des missions similaires à celles exercées par Bastien Lachaud, des rémunérations trois fois plus importantes ont été versées dans la campagne d’Emmanuel Macron».

Source à l’adresse RT France